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Kinshasa on se pose la question de savoir ce qui se passera le 30 juin prochain. Il y aura deux événements : d'une part, les funérailles du président de la Voix des sans voix, tué de façon ignominieuse au début de ce mois, ce qui implique la présence de tous ceux qui luttent pour l'établissement du respect des droits de l'homme en RD Congo ; et d'autre part, la cérémonie officielle marquant le cinquantième anniversaire de l'indépendance de notre plus que bien aimé pays que nous n'arrivons pas à éloigner du sous-développement. Que dire encore, sinon, qu'il y a sur terre des vies susceptibles de coincer des événements gigantesques ! Un homme qui lutte pour la protection des droits humains vaut, sans aucun doute, plus que la fanfaronnade au profit d'un festin historique incapable de produire des fruits palpables après plus de 18.250 jours. Ici, nous nous réservons le droit fondamental de juger les conséquences visibles d'une œuvre reliée définitivement à notre histoire, à notre présent et à notre futur. D'ailleurs, même les pères de l'indépendance n'auraient pas accepté un assassinat aussi atroce et vulgaire à la veille du 30 juin 1960. Quand un protecteur des droits humains meurt dans un piège qui a motivé toutes les énergies de sa vie dans le sens de le détruire, il est clair que la nation toute entière puisse vibrer. Vibrer ? Voilà que la vibration est bien plus que forte, jusqu'au niveau incroyable de bloquer le fonctionnement de la machine politique nationale. Que des suspects cités ! Que d'hommes placés en résidence surveillée ! Que d'amitiés politiques offusquées ! Que des peurs inexprimées ! Que des pistes négligées ! Tout tourne en ce jour autour de la valorisation de tous ceux qui se battent pour que les hommes, les congolais, pour ne pas dire les africains, puissent vivre comme des vrais hommes sans peur, quelquefois exaucée, de perdre leur vie sans raison plausible à cause, certainement, d'une vérité magistrale. Méchante mort que connaît un homme ; belle mort que connaît un combattant, car son voyage éternel suscitera d'autres combattant avec des armes beaucoup plus affûtées que celle utilisée par l'heureux Chebeya. Un pays qui assassine ses protecteurs ne peut que demeurer autour des gloires inexistantes et fallacieuses. Gloires tournant autour du vide dans lequel siège les concepts dictatoriaux de la nouvelle tendance. A-t-on vu des morts ? Les activistes ne font que naître. Est-ce possible de les éliminer tous ? La nature, celle qui gère toutes les formes de respiration, ne le permettra jamais. Assassinat implique enquête puis jugement. Enquête ? Sa conclusion est, jusqu'ici, ombrageuse et elle aura, comme d'habitude, du mal à se prononcer. Jugement ? Pourra-t-il passer, cette fois-ci au moins, au-delà des sentences qui choquent l'esprit de la vérité cachée que connaît le public ? Nous sommes habitués à vivre des tribunaux incapables de satisfaire l'opinion publique et qui tournent autour des philosophies partisanes qui nuisent aux âmes de ces hommes qui sont, successivement, assassinés. La RD Congo connaît une saison mortellement pluvieuse. Une pluie d'assassinats ! Hommage rendu, ici, à Chebeya qui quitte son malheureux Congo bien aimé ; courage aux activistes de droits de l'homme qui réussissent jusqu'ici à échapper aux assassinats. Seule la vie sacrifiée pour le bonheur des autres sera retrouvée, disent les tendances religieuses. N'est-ce pas un bonheur que de bloquer le fonctionnement politique d'une nation vrombissante ? N'est-ce pas un bonheur, une vie retrouvée, que d'être comparé à la célébration du cinquantenaire de l'indépendance ? Que l'âme de l'illustre disparu ne se tracasse pas car aucun homme averti, dans ce Congo combien fougueux, n'est prêt à oublier son nom, sa vie et sa mort. Sa mort ? Elle apparaît comme l'assassinat du cinquantenaire. Par : St Antoine de la VUADI
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