'EST avec une profonde amertume et une tristesse digne du « christ à Ghetsemani »que nos regards, alourdis par l'opprobre, se posent sur le spectacle désolant qu'un député a déclenché. Nous comprenons parfaitement que son obédience à un parti de l'opposition le prédispose à émettre des opinions politiques divergentes de celles émises par le régime en place.
Par contre, nous avons beaucoup de peine à saisir la raison d'être et le but ultime des allégations mensongères et des méthodes déloyales qu'il emploie pour compromettre son adversaire politique.
D'autre part ,en abusant de ses prérogatives et de sa position ,ses paroles indélicates et ignobles ont semé le désordre non seulement au sein d'une frange de la classe politique mais aussi de la population congolaise ,ce qui constitue autant de manœuvres dilatoires dans la marche du Congo vers l'avant.
Par ailleurs, nous avons la ferme conviction que des attaques personnelles ne pourraient échoir dans une institution marquée du sceau de la sacralité et que le respect de l'adversaire est primordial dans le débat politique.
En réalité, le fait de reprocher à un Premier Ministre de bénéficier de quelques moyens financiers est un contradictio in terminis aussi illogique que de reprocher à une miss sa beauté ou un savant son intelligence.
En outre, il est d'autant plus contradictoire de prétendre agir dans l'intérêt du peuple et de poser en même temps des actes qui portent préjudices à la nation. De la même manière, il est contradictoire de brandir la notion du mérite, comme argument pour accuser autrui d'enrichissement illicite, et en même temps de ne pas accepter qu'une personne issue d'une famille défavorisée puisse se hisser au sommet de l'échelle sociale.
Dans le même ordre d'idée, fonder un acte légal (notion de censure) sur une base illégale (rumeur non prouvée) dans le but de nuire est une contradiction. Un législateur juge selon ce qui est juste .
Avec le respect que nous avons pour ce député, en tant qu'homme politique, élu du peuple et être humain, nous formulons le souhait que ce monsieur élargisse sa vision, adopte un raisonnement d'état et pense à l'image de son pays que, par sa passion effrénée du pouvoir, il n'a de cesse de ternir.
Pour Cela ,nous aurions bien voulu faire remarquer que si la poursuite du bonheur est inhérente au genre humain ,un grand homme se distingue du commun des mortels par la lutte pour les grandes et nobles causes, la recherche de la justice et la soif inaltérable d'améliorer la condition de ses semblables.
Contrairement à certains politiciens occidentaux, nous refusons, avec le recul , de croire qu'un élu du peuple ,citoyen congolais de haut rang, puisse être « un aventurier » ou un personnage politique dont l'immaturité ferait préférer l'emploi de méthodes ignobles à la compétition loyale .
Cela étant dit, il convient toutefois de souligner qu'un parti d'opposition qui ne propose aucune alternative, des alliés qui refusent de s'associer et des adversaires politiques qui parlent le même langage est le signe extérieur du manque de cohérence, de cohésion et d'un problème d'adhésion à une idéologie.
Le plus étrange dans tout ce processus de destruction, alors que nous sommes tous appelés à reconstruire notre pays , c'est de voir que des motivations individuelles ont pris le pas sur le raisonnement d'état et que le besoin de réalisation personnelle semble primer sur les intérêts supérieurs de la nation. Un « empire dans un empire » ?
Par : Olivier Nzeza Kiluangu