A mort vient de frapper un vieux routier de la presse congolaise en la personne de M. Clément Vidibio Mabiala qui s'est éteint le samedi 16 janvier 2010 dernier à Kinshasa. L'irréparable lui est survenu pendant qu'il a profité du jour férié de la commémoration de la mort de Mzee Laurent-Désiré Kabila pour retrouver la concession agricole qu'il avait acquise à Kimwenza dans la périphérie de la ville. Il s'y était rendu seul en attendant d'être rejoint par son épouse qui le trouvera étalé inanimé sur l'herbe baignant dans le sang sortant de la bouche, des narines et des tempes.
Clément Vidibio |
Ce triste spectacle que devait supporter la pauvre épouse éplorée a tout de même donné à cette dernière le courage du désespoir pour appeler un des fils accouru trop tard en fait, à ce qu'il a rapporté, pour constater le décès clinique et faire procéder aux premières dispositions funéraires : le transfert du corps à un centre de santé proche, puis à son dépôt à la morgue situé dans la commune de Mont-Ngafula. Ainsi Clément Vidibio a quitté ce monde des vivants dans la solitude au milieu de l'environnement champêtre sans avoir été assisté par quelqu'un à son agonie.
Le journaliste septuagénaire qui a consacré toute sa vie et toutes ses forces à rendre compte du « spectacle ennuyeux » de la vie, selon l'expression d'un célèbre poète français, n'a pas eu droit à un reportage de ses derniers instants sur la terre par un témoin, alors que le concerné le fut pour d'innombrables faits malheureux et heureux qu'il a contés avec un art consommé d'un professionnel hors pair reconnu en lui dans la corporation et le public congolais et hors-frontière.
Quand on se rappelle son brillant parcours dans la presse congolaise qu'il embrassa tôt dès les temps de la colonisation belge en côtoyant les faiseurs d'événements qu'il présenta pratiquement dans les colonnes des médias en vue dès cette époque, quand on considère le principal organe de presse qui fit sa gloire, en l'occurrence le premier beau magazine qu'il créa et dirigea au pays, « Zaïre-Hebdo », mais dont il sera vite dépossédé dans un cynique coup tordu ourdi contre lui par de redoutables adversaires ayant réussi à le faire envoyer en prison, quand on a suivi les tentatives de relèvement auxquelles il s'efforça après cette chute qui ne l'emporta pas, quand on voit l'aboutissement de cette carrière dans le média moderne du journal en ligne Digitalcongo.net où il a atterri pour marquer encore la présence de son alerte plume, on réalise les amères vicissitudes d'une profession aléatoire et peu rassurante pour la RDC elle-même encore ballottée dans sa recherche de redressement de son front.
Clément Vidibio aura été un exceptionnel témoin de son époque par ses écrits journalistiques comme beaucoup d'autres émérites pairs de sa génération qu'on ne retrouve plus, au point de le faire paraître tel un des derniers des Mohicans. Il s'est consacré à son métier, en chevalier de la plume et même en chevalier errant n'ayant pas eu tous les atouts à même d'assurer de louables arrières pour la famille aujourd'hui éplorée, de même que l'ensemble du personnel et la direction de la dernière maison où il fourbi ses armes, en l'occurrence Digitalcongo.net du reste non encore remise d'une autre disparition d'agent en l'espace de moins d'une année. A Digitalcongo.net, en effet, on n'est pas encore remis du deuil de la mort en mars dernier de M. Sam Luval, quand survient l'actuel décès de Clément Vidibio.
La douleur est donc grande tant dans la famille biologique du regretté que parmi le personnel et l'Adg de Digitalcongo.net particulièrement à nouveau privés du familier collaborateur Vidibio pour lequel les deux camps se concertent encore, afin d'organiser dans les tout prochains jours, tant que faire se peut, le deuil que mérite Clément. Le programme de ce deuil va donc être communiqué incessamment après cette concertation. D'ores et déjà les amis et connaissances, surtout les rescapés amis et anciens de Sainte-Anne, de Notre-Dame du Congo et autres proches vivant à Brazzaville, sont informés par les familles Mabiala et Vidibio de cette regrettable disparition.
© MMC 20/01/2010
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