
"Il a été condamné à six mois d'emprisonnement, dont cinq avec sursis, pour outrage à chef de l'Etat et incitation à la révolte", a déclaré à l'AFP son avocate, Me Gisèle Eyue.
RRÊTÉ le 28 juin et écroué le 5 juillet après sept jours de garde à vue, soit plus que le délai légal, le directeur de la publication de L'Espoir sera remis en liberté le 4 août, M. Mavioga, qui avait entamé une grève de la faim en détention, se trouve actuellement au centre hospitalier de Libreville, a précisé l'avocate.
Le tribunal correctionnel de la capitale gabonaise l'a également condamné à verser 250.000 francs CFA (environ 380 euros) d'amende, ainsi qu'un franc symbolique de dommages et intérêts au président Bongo, dont l'avocat avait déposé plainte.
L'Espoir a publié, dans sa dernière parution, un éditorial intitulé "Les derniers temps de Bongo" dans lequel il critique le régime gabonais et son président, au pouvoir depuis près de 40 ans.
Dans son article, le directeur du journal appelait notamment les Gabonais à "barrer la route à tous ceux qui se moquent de nous".
La parution de L'Espoir a depuis été suspendue par le Conseil national de la communication (CNC), l'organe de régulation des médias gabonais, officiellement en raison du statut de fonctionnaire de M. Mavioga qui lui interdit de détenir un journal.
Le Parquet avait requis le 25 juillet deux mois de prison ferme contre le prévenu, tandis que son avocate avait plaidé la relaxe. Elle n'a pas précisé dans l'immédiat si M. Mavioga avait l'intention de faire appel de cette condamnation.
L'ONG Journaliste en danger (JED) avait dénoncé le 9 juillet "l'arrestation et la détention arbitraire" de M. Mavioga dans une lettre au président Bongo, lui rappelant qu'il s'était souvent "présenté comme le chantre de la dépénalisation des délits de presse et un fervent défenseur de la liberté de la presse".
Guy-Christian Mavioga est également le président d'un petit parti membre de la majorité présidentielle, le Bloc démocratique chrétien (BDC).
© LaConscience/AFP