'AGENCE Zaïre-Presse créée par l'ordonnance n°67-83 du 03 février 1967 est un établissement public à caractère technique, administratif et commercial, doté de la personnalité juridique qui a pour objet notamment d'étudier et de mettre en œuvre les programmes ou les moyens d'information par écrit et par l'image susceptibles de servir le crédit international de la République du Zaïre. Elle a aussi pour objet d'assurer l'existence d'un réseau d'établissement lui conférant le caractère d'un organisme d'information à rayonnement mondial.
Le 02 avril 2007, l'AZAP ayant repris depuis 1997 son appellation originale de l'Agence Congolaise de Presse, après la prise du pouvoir par l'Alliance des Forces Démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), a totalisé 26 ans sous le couvert desdits statuts la régissant.
Ce jubilé d'argent donne-t-il l'opportunité de dresser le long parcours de l'Agence nationale qui fut le fleuron de la presse nationale à partir des années 70 et seule source d'informations officielles ? Disposant alors des moyens conséquents pour assumer ses responsabilités de rechercher au pays et à l'étranger les éléments d'une information exacte, complète et saine, l'Agence télégraphique nationale s'est implantée à travers tout le territoire national.
Elle a ouvert également des bureaux à l'extérieur du pays, notamment à Paris (France), Bruxelles (Belgique) et Pékin (Chine), entretenant une coopération de plus agissantes avec l'Agence britannique Reuter, l'Agence France Presse (AFP), l'Agence belge Belga et d'autres agences internationales et africaines. Tous les moyens étaient mobilisés afin que la mission lui assignée ne connaisse aucune embûche et soit in fine, un succès retentissant.
Autre temps, autres mœurs, dit-on. Aujourd'hui, les choses ont changé, l'ACP fait figure de parent pauvre. Elle ne jouit plus guère de toute l'attention que lui portaient les plus hautes autorités du pays. La longue transition politique endurée en RD Congo y a été pour beaucoup. Ajouter à cela les contraintes économiques et financières imposées par les institutions de Bretton Woods.
Mais en dépit de la démotivation du personnel, du non versement des frais de fonctionnement, l'indigence matérielle et technologique, de l'insuffisance de l'outil de travail, de l'usage d'un vieux charroi automobile dégradant (deux mini-bus), de la difficile maintenance des équipements informatiques acquis au début 2006 grâce à l'intervention économique du gouvernement portant sur un montant de plus de 147.000.000 de Francs congolais, l'ACP poursuit son bonhomme de chemin en alimentant quotidiennement le presse nationale en information puisées dans tous les coins du pays.
Son bulletin physique et celui électronique, la diversité du produit ACP et la qualité de ses journalistes qui remplissent les colonnes de la plupart des organes de presse écrite locaux attirent admiration et la bonne appréciation dans les milieux des professionnels.
L'ACP a donc choisi de se prendre en charge pour éviter la dérive, l'échec que d'aucuns présageaient. Un expert de l'AFP qui a eu à diriger deux sessions de formation des journalistes de l'ACP, n'a pas tari d'éloges sur le niveau des agenciers congolais et a souhaité bon vent à l'Agence congolaise de presse malgré les conditions précaires de travail. La couverture maximale du processus électoral en RDC dans une rubrique spéciale intitulée « Démocratie en Chantier » a été exploitée par les acteurs politiques congolais, toutes tendances confondues, cassant ainsi certaines mauvaises langues.
26 ans après, le chemin à parcourir pour atteindre l'excellence s'avère encore long et difficile. L'Etat propriétaire a le devoir de mettre à la portée de l'ACP les ressources adéquates afin que ce média aille toujours de l'avant en défavorisant le phénomène de la désinformation et de la radio trottoir pour une culture de l'excellence dans le monde des médias !
Pierre Gema Mbala © ACP 02.04.2007