Au 23e jour de l’application de la mesure de suspension, les opérateurs de téléphonie mobile ont aligné théoriquement des pertes se rapprochant de trois millions et demi de dollars américains en raison d’un manque à gagner quotidien estimé à 150 000 dollars.
Du côté du gouvernement, la situation semble évoluer quelques jours après la rencontre entre Louis Alphonse Koyagialo et une délégation des opérateurs sous la conduite de la commission des télécommunications de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Si aucune échéance chiffrée n’a été avancée par l’autorité, cette dernière a, en retour, invité les sociétés de téléphonie mobile « à un peu de patience ». Selon lui, la mesure a été prise dans un contexte précis et le gouvernement doit pouvoir faire le point avant de décider de la lever.
Néanmoins, l’impatience se fait toujours ressentir du côté des abonnés parmi lesquels les malentendants. En effet, dans son plaidoyer en faveur de la levée de la mesure, la commission de la FEC a fait état des conséquences dramatiques pour certaines catégories de la clientèle, actuellement sans moyen de communiquer à distance et à moindre frais.
Interrogations
La dernière sortie médiatique de Louis Alphonse Koyagialo serait-elle un signe précurseur d’une normalisation ou juste un moyen de gagner du temps ? Des interrogations encore sans réponses.
En effet, l’on s’interroge toujours sur le temps nécessaire d’observation avant toute décision de l’autorité compétente. Pour l’instant, les opérateurs et les utilisateurs ont l’impression que le gouvernement souffle le chaud et le froid. Malheureusement, a fait remarquer un analyste, rien n’indique une baisse de la tension très prochainement du fait de la proclamation attendue des résultats des élections législatives. Le gouvernement sera tenté de faire durer la mesure jusqu’à la fin du processus électoral, du moins les étapes hautement politiques de la présidentielle et de la députation nationale.
En dépit d’une décrispation hypothétique, l’argument sécuritaire continue de primer sur toute autre considération et rien n’a vraiment changé dans les appréhensions du gouvernement.
« Nous n’avons pas pris cette mesure de suspension à la légère. La situation doit redevenir d’abord sereine avant d’arriver à la levée de la mesure mais c’est pour bientôt. Et tant que cela durera, si c’est dans l’intérêt de notre peuple, je crois qu’il faut prendre ce mal en patience », a conclu Louis Alphonse Koyagialo.
26 décembre © Les Dépêches de Brazzaville - Laurent Essolomwa