Entre autres missions que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, vient d’assigner aux nouveaux membres du gouvernement, il y a l’amélioration, de manière significative, de la situation sociale de la population en s’impliquant concrètement dans des actions de lutte contre la pauvreté, grâce notamment à l’éducation de nouvelles générations et à la création d’emplois.
Devant évoluer selon la vision du chef de l’Etat, Matata Ponyo ne peut que lui emboîter les pas. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? L’avenir nous le dira. Autrement, ce sont leurs successeurs qui payeront le pot cassé, lorsqu’ils chercheront plus tard à orienter leurs programmes dans le même sens. C’est maintenant ou jamais, martellent les observateurs.
En effet, si la population congolaise est sceptique, c’est suite à la non matérialisation des promesses faites par les décideurs politiques à tous les niveaux. Bien qu’il ait succédé à son défunt père, avec mission primordiale d’organiser des élections dans les cinq ans qui suivaient, Joseph Kabila jurait également par l’amélioration des conditions sociales de la population.
A la tête d’un quatuor présidentiel, il confiera cette mission à l’un des vice-présidents de la République, notamment à Arthur Z’Ahidi Ngoma. Ce dernier, chargé de la commission socioculturelle, était arrivé à conclure un pacte social appelé « Accord de Mbudi ». Ce document, dont l’application était très attendue par les concernés, non seulement continue à moisir dans les tiroirs. Et malgré les rappels répétés des populations, les décideurs ont préféré faire la sourde oreille, prétextant que les moyens faisaient défaut. Et pourtant, une bonne volonté de leur part suffisait, d’autant plus des solutions étaient apportées aux problèmes moins importants par rapport à ceux se rapportant au social de la population. En conséquence, c’était la succession des grèves paralysant parfois l’Administration publique et certaines activités productrices du pays.
Même cantique
Elu en 2006 pour un mandat de cinq ans, Joseph Kabila Kabange, seul maître à bord, est revenu sur cette détermination d’améliorer les conditions sociales de la population. Pionnier de l’indépendance, Antoine Gizenga, à la primature pour conduire les affaires, avait déçu davantage. Les revendications sociales qui fusaient de partout l’avaient contraint à démissionner.
L’un de ses proches collaborateurs, Adolphe Muzito qui lui succéda, donna l’impression de mieux faire. Mais en vain. La situation sociale de la population s’était détériorée davantage entre les années 2009 et 2011. Et jusqu’à ce jour, les séquelles se font encore sentir.
Le rejet de la population étant parmi les multiples critiques faites à son endroit, Joseph Kabila, réélu en 2011 pour son second mandat, tient à gagner le pari de l’amélioration des conditions sociales. Raison pour laquelle il l’assigne comme l’une des priorités à accomplir par la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Matata Ponyo. Ce dernier qui entonne le même cantique, n’a donc pas droit à l’erreur. Car, la population n’attend que la réussite de cette lourde tâche pour porter un jugement sur les actions qu’il aura à mener.
Par Véron-Clément Kongo ©lepotentiel 12.05.12