RDC : La prostitution des mineurs

L’appétit vient en mangeant. Il en va ainsi du sexe. La première grossesse accidentelle au moment de la puberté appelle une autre et encore une autre. Ainsi, avant d’avoir réaliser, les adolescentes se retrouvent avec deux ou trois enfants plus ou moins indésirables au départ avec lesquels on doit cependant composer pour le reste de la vie. Tel est le sort des filles mineures qui gouttent de façon précoce au plaisir de la chair.



Le dimanche 23 octobre 2005

Parents et Etat mis en cause par les jeunes. Notre mini enquête menée auprès des jeunes sur la prostitution des mineurs a mis en cause les parents et l’Etat. Es-tu au courant que les mineurs se prostituent ? Qu’as-tu à dire ?

Nadine Kakessa, étudiante à l’ISTM. Oui, je sais que les mineurs se prostituent. Je pense qu’elles se prostituent par malgré elles. Les parents ne surviennent pas à leurs besoins. L’Etat est totalement démissionnaire devant l’utilisation abusive des enfants par les musiciens. Dans les Kermesses, les mineurs se prostituent sans que les autorités interviennent.

Jenny Makwisa, élève au lycée Mpiko. Pour moi, ce sont les parents qui sont à la base de cette situation. Comment pouvez-vous comprendre qu’un parent fasse plus de deux ans sans pour autant acheter un habit à sa fille, au moment il où se saoule chaque jour. D’autres parents sortent avec les amies de leurs enfants.

Carine Mateba, prostituée 21 ans. Je sors avec plusieurs garçons, car mes parents sont incapables de subvenir à mes besoins. Bon, je ne trouve rien de mal car mes parents bénéficient aussi de mes relations. Mon père a trouvé du travail grâce à un de mes clients. Mes parents sont victime de l’Etat, ils ne peuvent rien faire. J’ai commencé à sortir avec un grand homme de ce pays à 16 ans.

Pierre Alain Tula, élève 18 ans. Nos collègues de classe se prostituent avec les professeurs pour des points. Là j’accuse les parents qui acceptent que leurs enfants puisse passer d’une classe à une autre, sans avoir quelque chose en tête. L’Etat à aussi une responsabilité, les enseignants abusé des enfants sans pour autant que les inspecteurs s’en rendent compte.

Nina Patakani, élève au collège Bonsomi 17 ans. La bible est contre la prostitution dans toutes ses formes. Les se prostituent à cause des médias qui diffuse des films pornographiques à l’internet les enfants visitent les sites pornographiques. Un parent chrétien doit connaître les émissions que doivent suivre les enfants. Pour l’Etat, on doit interdire la diffusion de ces films aux heures où les enfants sont encore au salon.

Glory Pundu, élève au collège Bonsomi. Les parents n’ont pas toujours tort. Les mineurs sont influencés par les amies de l’école ou du quartier. En Europe les mineurs se prostituent, est ce qu’un problème de crise ou simplement un choix opéré par l’enfant. Il y a des familles des pasteurs dont les enfants se prostituent. L’Etat congolais ne fait rien pour encadrer les enfants de la rue qui se prostituent.

Dodoli Mokonzi, Technicien. Les mineurs se prostituent par convoitise. Les filles convoitent les amies qui ont des téléphones et elles font tous pour s’en a procurer. Elles sont prêtes à sortir avec 5 garçons pour un téléphone ou un habit à la mode.

Willy MK

La prostitution des mineures est une impasse sociale

L’appétit vient en mangeant. Il en va ainsi du sexe. La première grossesse accidentelle au moment de la puberté appelle une autre et encore une autre. Ainsi, avant d’avoir réaliser, les adolescentes se retrouvent avec deux ou trois enfants plus ou moins indésirables au départ avec lesquels on doit cependant composer pour le reste de la vie. Tel est le sort des filles mineures qui gouttent de façon précoce au plaisir de la chair. Dans beaucoup de cas, la pulsion naturelle est exacerbée par les contingences sociales telles que la pauvreté familiale, les mauvais conseils des amis ou encore des prédispositions individuelles. Que reste-t-il de ces croissances interrompues aussi brutalement ? Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte dans la prostitution juvénile pour façonner le destin de toutes ces filles entrées très tôt dans le commerce de la chair. Celle-ci dont les parents à force de protester contre son caractère volage sont éreintés parvient, grâce à un accident de l’histoire, à trouver un mari convenable. Ce nouveau statut social inattendu confère à la fille une dignité soudaine et à ses parents une espèce de renaissance dont ils abusent en vivant pratiquement aux basques de leur gendre, ce qui crée quelques conflits entre les deux familles surtout dans le cas d’antagonismes tribaux antérieurs.

Telle autre s’obstine dans sa voie au fur et à mesure que le temps passe et que le mari attendu est aux abonnés absents. Dans un cas pareil, la fille devient une pute professionnelle aux dents longues, n’hésitant pas à user des méthodes frauduleuses pour arriver à ses fins. Cet endurcissement dans le crime fait de ces dames entrées très tôt dans le métier le plus vieux de l’humanité, des piètres ménagères au répertoire matrimonial aussi étendu qu’un annuaire téléphonique.

D’autres encore, entrées très tôt dans la prostitution, ont marqué un temps d’arrêt ; mais faute de débouchés professionnels, se sont exercées au commerce quand elles ont la chance de disposer d’un capital d’appoint. Elles n’en demeurent pas moins dures de cœur, allant jusqu’à former des cartels de tranche d’âge qui se réunissent en « Moziki » ou mutuelle. Leur indifférence est à la mesure des déceptions qu’elles ont accumulées tout au long de leur longue course pour le plaisir charnel. Il y a d’autres catégories de femmes parmi celles qui ont commencé très tôt dans la sexualité et dont certaines ne se sont arrêtées qu’avec la mort. Car la prostitution des mineures, par son caractère débridé conduit à plusieurs avatars dans la vie que tout le monde connaît. Mais que faire quand on est racolé et que l’envie vous démange ? C’est une question qui sert de tentative d’explication aux pédophiles en procès.

Nombre d’entre eux se recrutent chez les touristes qui écument les pays du tiers-monde à la recherche des sensations insolites introuvables dans leurs pays où les législations sont peu permissives.

Dans les pays comme la RD Congo, la prostitution juvénile n’a pas encore atteint l’ampleur organisationnelle des autres pays. On se contente de laisser sortir les filles à peine nubiles pour qu’elles reviennent à la maison avec un pécule susceptible de nourrir la famille pour une nuit. Tant pis si elles fabriquent des enfants à la peau diaphane à force de lutter contre la malnutrition et de la chair à canon pour les guerres civiles qui ravagent les pays africains.

Bomela Tondo Bo-Lisoma

Reportage : Vendre sa chair en vitesse et à vil prix

Elles paraissent frêles, apparemment inoffensives, se livrent presque au premier venu. Il arrive souvent que ça soient elles qui invitent, dans la pénombre des étables d’un marché désert la nuit, les rôdeurs de nuit à leur faire la chose. Cela se passe en vitesse, sans aucune protection et à vil prix.

Pour des besoins d’enquête, nous avons sillonné nuitamment quelques repères, quelques ruelles réputées être des nids de prostituées. Nous les avons interrogées en plein exercice de leur métier de " femmes " ou de " fille de joie ". Des personnes pourtant tristes, fragiles, résignées à leur sort, généralement bornées et qui espèrent trouver un salut dans la facilité en exerçant le plus vieux métier du monde.

- A Kingasani Pascal, elles commencent tôt et ne demandent presque rien. Quand les dernières vendeuses plient bagages et rentrent chez elles, elles ne s’imaginent pas qu’après elles, d’autres vendeuses prennent possession de leurs étals.

Ces occupants insolites sont souvent des jeunes filles dont l’âge oscille entre 13 et 26 ans. Les hommes sérieux se consolent en leur collant l’étiquette de « Shegue phaseuses », c’est-à-dire des filles abandonnées, filles de la rue ou dans la rue.

Vérification faite, elles viennent de tous les horizons, fuyant la misère du toit parental. Cette catégorie de filles espère trouver refuge et indépendance dans la débauche. Faute de moyens, elles résolvent de s’offrir nuitamment aux hommes contre quelques espèces sonnantes qui leur permettront d’être à l’abri de quelques besoins élémentaires par exemple, se nourrir.

Dès 19 heures, elles hèlent les clients, leur proposent le prix : 500 FC, 400 FC la passe. Les hommes négocient. Une fois d’accord ils vont vite en besogne sur l’étal d’un marchand, contre un mur… jusqu’au prochain client.

- Préservatifs ? C’est facultatif ! Rares sont ces filles de joie qui prennent la précaution d’exiger le port d’un préservatif à leurs partenaires occasionnels. D’abord parce que tout se fait dans l’impréparation la plus totale. Or, un préservatif exige un cérémonial. Ensuite parce que le petit « plastique » coûte quand même de l’argent que cette catégorie de putes n’a pas. Enfin, il est rare que ces filles qui s’adonnent à ces pratiques de nuit et qui le matin rentrent innocemment chez elles, puissent demander conseil ou se fassent consulter par des médecins. Elles ont honte.

Quant aux vraies « Shegue », elles se moquent éperdument de ce qui peut leur arriver. Chaque commune a ses lieux de « jouissance ».

- A la Gombe, le long de l’avenue de la Justice. La nuit, dans la Gombe résidentiel deux ou trois avenues se transforment chaque nuit en lieux de bonheur. Le conducteur au volant de sa voiture est souvent dérouté par le charme d’une nymphe sortie de nulle part entre le Chantilly et la Cour suprême de justice. Elles se comptent par dizaines, légèrement habillées, baissant leur culotte ou reluisant leurs jupettes pour vous faire découvrir leur " secret d’Alibaba " et vous invitent à partager le parfum du plaisir charnel. La note est souvent salée. Dix dollars la passe, ça se négocie jusqu’à cinq après minuit. Et quand on pose la question, d’accord mais où va t-on faire la chose. Elle vous désigne sans hésiter une cache. Dans cette parcelle, derrière cette grille. On frappe, la sentinelle ouvre le tour est joué.

- Boulevard du 30 Juin sur l’avenue Batetela. Entre la Sonas et le rond-point Mandela, au soir, vous avez de fortes chances de trouver quelques charmantes personnes en tenue d’Eve. Le même scénario se répète une fois arrivé à la hauteur de l’avenue Batetela jusqu’aux parages du Grand Hôtel de Kinshasa. Ici ce sont plutôt des habituées. Elles se sont partagées des postes c’est-à-dire des emplacements permanents. Faut surtout pas investir le " territoire " de la voisine.

Leurs clients sont essentiellement véhiculés. Un coup de frein, la prostituée se rue dans la cage qui démarre aussitôt. Elle sait qui l’a embarquée et n’a cure de ce qui peut arriver après.

Les témoignages de ces dames sont parfois déroutants. « Des fois nous tombons sur des brutes qui nous violentent, nous maltraitent. Certains nous payent bien à la fin du compte. Cinquante, cent dollars des fois. Nous rentrons heureuses. Souvent on se lie d’amitié et on se fixe rendez-vous. Ils nous emmènent boire. Les diplomates, les agents de la Monuc sont parmi nos meilleurs clients. Mais à force de fréquenter les congolaises ils ne nous récompensent plus comme jadis », s’inquiète Jeannine Mb.

- Encadrer les prostitués. Sous d’autres cieux les pouvoirs publics admettent les prostituées et leur confèrent une certaine dignité due à leur métier. « Les vitrines » sont des boutiques à sexe, très fréquentées le soir. Certains pays arabes la Tunisie et l’Egypte notamment, ont compris qu’il ne servait à rien de se voiler la face, le phénomène étant vécu au quotidien. L’Etat y gagne quelque chose à travers les taxes et assure un suivi médical des ces femmes de joie. Celles-ci exigent toujours le port de préservatifs à leurs partenaires et la police où les souteneurs interviennent quand elles sont menacées. En RD Congo il faut bien que le gouvernement ouvre l’œil, encadre cette jeunesse en récupérée celles qu’on peut réorienter dans la vie.

Mukaku Lalabi Muke

Les musiciens congolais contribuent à la prostitution des mineures

Depuis le début du processus du multipartisme, lancé en 1990 le 24 avril par le défunt maréchal Mobutu. Le recours à l’authenticité prôné par ce régime était bafoué le lendemain du discours historique ; on a observé dans la ville les hommes en cravates, en vestes trois pièces, les nostalgiques de l’époque coloniale voulant marquer la rupture avec les abacos et les foulards au coup imposés par le régime. Du côte de l’autre sexe, les femmes ont commencé à porter des pantalons, des mini jupes, des chemisettes, des serre- corps et autres collants, toutes les jolies robes qu’elles avaient portées ont disparues et les pagnes sont restés pour les vieilles mamans et les femmes mariées.

A partir de 1991, les musiciens congolais ont commencé à exploiter les séductions des danseuses pour drainer des foules dans leurs spectacles ; lors de ces concerts on pouvait voir des danseuses habillées en minijupe et autres tenues séduisantes. A cette époque les danseuses étaient des jeunes filles de 21 à 33 ans responsables, qui n’étaient pas facilement confondues aux prostituées actuelles. A partir de 1998, les musiciens pour livrer des concerts en Europe vont recruter des mineures comme danseuses. Ces mineures passent dans toutes les émissions télévisées pour vanter leurs beautés et leurs corps séduisants ne laissant pas indifférents tous les hommes insatisfaits sexuellement qui roulent carrosse et qui ont une décision.

C’était le début de la prostitution des mineures dans le milieu musical. Tous les patrons des orchestres congolais vont changer des danseuses, c’était l’époque des Fioti Fioti. Les jeunes adolescentes de 16 à 20 ans. Ba maman kulutu botika danse na bana, parole d’un danseuse mineure, c’est-à-dire les grandes sœurs doivent laisser la place aux adolescentes. Elles ne se sont pas arrêtées là ; les musiciens congolais ont recruté les mineures de 13 à 17 ans, les adolescentes seront remplacées par les nionio, c’est-à-dire les fillettes. Les vieux barons de la capitale congolaise et les différents grands mécènes de la musicale congolaise en font leur proie pour satisfaire à leurs gourmes sexuelles. Les mineurs de Kinshasa se servent des danseuses des models dans leurs habillements. Les musiciens qui ont la mission d’éduquer la masse, se mettent à lancer des cris à la gloire des petites filles ou des cris à la gloire des mineures prostituées. N’assistons nous pas à des concerts où les danseuses mineures et autres spectatrices mineures qui s’exposent à moitié nue devant les publics.

Les musiciens utilisent ces danseuses comme marchandise en Europe pour bénéficier d’une forte audience. D’autres danseuses sont devenues des objets des plaisirs sexuels des patrons d’orchestres, ces danseuses témoignent plusieurs fois qu’elles sont victimes d’harcèlement sexuel des collègues musiciens et des patrons et autres grands prêtres des orchestres. Le recrutement même des mineurs se fait comme dans un match de hand ball.

Willy MK

L’Etat et les parents, responsabilité partagée

« L’habitude est une seconde nature », renseigne un adage. Ainsi, c’est parce qu’ils sont habitués à regarder passivement que bien des Kinoises et Kinois ont fini par user de tolérance vis-à-vis du dérèglement sexuel des jeunes filles de moins de 18 ans. L’ampleur de cette situation dans des coins noirs de la capitale disqualifie et à la fois interpelle l’Etat et les parents. Car c’est par leur relâchement que la prostitution des mineures s’est installée dans la société.

A cet effet, les observateurs font le constat d’une prostitution active et d’une autre, passive. La première est celle dont les actrices s’apparentent aux professionnelles du sexe. Elles sont donc très présentes dans des lieux non recommandés au regard de leur âge. Et se font remarquer notamment par leur paraître au quotidien. Cette catégorie regroupe notamment les shéguées ( marginales ou filles de rue). Et avec elles, des filles abandonnées. La deuxième forme renvoie au vagabondage sexuel de certaines filles vivant sous le toit parental et partant, placées sous cette autorité. Elles multiplient les partenaires mais se gardent d’étaler au grand jour leur statut de prostituées, suite à des pesanteurs familiales. « Bakila ku hata, dila ku mfinda », dit une sagesse kongo. Pour dire que le renard qui s’empare d’un coq au village, le déplume à plusieurs miles de là, en pleine la forêt.

La prostitution des mineures a longtemps été assimilée à la pauvreté voire à la perte d’autorité des parents. Avec le temps, des constantes ont démontré que le manque d’information appropriée et le phénomène envoûtement méritent bien d’être relevés. Bien des messagers d’églises l’ont démontré, sous l’inspiration du Saint esprit. En effet, parler de « sexualité » en famille ne figure pas dans les usages de bien des ménages congolais. A Kinshasa, plusieurs milliers d’adolescentes sont privées de cette forme d’éducation, car les parents n’abordent pas ces sujets dans l’intimité familiale. Ainsi, l’union physique du garçon avec la jeune fille constitue une réalité qui se découvre de façon bâclée soit dans la rue soit à travers les médias. La banalisation de la vidéo et du magnétoscope ainsi que la prolifération des vidéothèques n’ont fait que favoriser l’accès d’un grand nombre d’adolescentes et d’adolescents aux éléments audiovisuels sur la pornographie. La vidéo est si fortement intégrée dans la société kinoise que même certaines salles abritant jadis un cinéma se sont muées en « ciné-vidéos ». Aussi les jeunes consomment-ils tôt des images d’affichages annonçant journellement des films pornographiques. Ceci est un fait avéré, dans un environnement où l’Administration urbaine et la Division urbaine de la culture ont, par tolérance outrée, ôté sa quintessence à la brigade des mœurs. La société réveille tôt le libido des personnes mineures.

C’est ainsi que des termes tels que « kamuke sukali, gnognon », etc. issus des musiciens en mal de moralité, sont entrés dans le langage courant, pour vanter l’attirance sexuelle des filles mineures. Dans d’autres cas, des femmes majeures initient tôt à la sexualité des mineures, à travers des pratiques peu recommandées du genre « carinage ou ma chérie » : C’est une forme d’intimité pour cultiver une vie de lesbienne.

Comme on le voit, la responsabilité est donc partagée entre, d’un côté, ce qu’on appelle l’Etat dans un contexte de crise complexe, et les parents. Ceux-ci pèchent journellement par un relâchement qui dénature leur tâche de premiers éducateurs.

Payne

Exploitation sexuelle : Le système Kombi et versement chez les enfants de la rue

Le système Kombi et versement est un système pratiqué par les enfants de la rue (Shegue) où les plus forts utilisent les plus faibles en exploitant leurs corps et leurs temps. C’est un système beaucoup plus pratiqué par les « Shegue » de la commune de Matete. Le plous puissant peut utiliser une ou plusieurs filles en les obligeant à se prostituer. Ces sont les plus faibles qui pratiquent la prostitution qui sont surnommées « Kombi » et doivent verser un montant acquis de leur prostitution à leurs chefs, c’est le « versement ».

Le montant à verser est fixé par le chef ou l’initiateur de l’idée. Ces filles « Shegue » à l’âge d’adolescence pour la majorité se livrent à des pratiques qui leur sont commandées par les plus puissants d’entre eux sans tenir compte du danger qu’elles courent. Selon un médecin, ces mineures qui se prostituent peuvent avoir comme conséquence, des infections (MST), VIH/Sida, des grossesses non désirées, des traumatismes qui peuvent leurs causer la frigidité ou la brutalité dans leurs comportements. Ces jeunes prostituées ne tiennent pas compte de l’âge de leurs partenaires, vieux, jeunes, voire même des petits garçons (mineurs) comme eux sont tous les bienvenus. L’essentiel est de recevoir une rémunération auprès de ces derniers. Le montant est fixé au préalable, un montant qui ne dépasse pas pour la plus part de cas 2.000 FC par client et peut se rabattre jusqu’à 500 ou 300 FC.

Ces prostituées ne tiennent pas non plus compte des lieux où elles se livrent à leur fornication. Elles se tiennent souvent le long du marché de Matete, en face de la Maison communale de la place, derrière la paroisse de l’Eglise catholique St Alphonse, le long du quartier Mpudi et Bahumbu. C’est durant les heures très tardives que leurs opérations se passent. Et si une prostituée n’a pas reçu des clients, ce sont des passants qui empruntent ces chemins qui deviennent des proies de leur libido enragé ; car ces prostituées (Shegue) usent de toutes sortes d’astuces par faire payer à leurs victimes des sommes indues. Si la victime rechigne à consommer la marchandise, elles font appel à la police devant laquelle elles inventent des histoires que les forces de l’ordre acceptent toujours, ce qui fait croire à une complicité de leur part. Tout cela est fait pour totaliser le montant qui leur est commandé par leurs chefs impitoyables qui leur soumettent à des scènes de torture le cas échéant.

Il arrive de fois que des bagarres se produisent entre ces caïds et leurs « Kombi » en cas de non paiement de la somme due. Ces filles « Kombi » se soumettent à des tels traitements sans rien tirer de substantiel à leur prostitution forcée. Le gouvernement doit faire face pour maîtriser ces enfants de la rue et de les discipliner afin que ces dernières ne puissent plus sacrifier leur vie pour quelques miettes de plus.

Patience Kingolo (Stagiaire)

Billet : Adultes et mineures s’empoignent

Il est de domaines propres aux adultes et d’autres aux mineures. Dieu, le Créateur et le concepteur du corps de l’homme (femme), lui qui connaît tous ses contours le savait.

Les scientifiques, notamment les médecins, sont d’avis que le corps de l’homme se développe suivant un rythme de croissance programmé. C’est ainsi que l’Etat a fixé le mariage à un âge bien mûr. Dieu, de son côté, veut que seuls les personnes mariées puissent jouir du plaisir sexuel et non le contraire.

Aujourd’hui, plus que jamais, malgré les efforts consistant à éradiquer la prostitution à tous les niveaux, ce sont les mineures qui ont pris la relève des adultes. Il n’y a pas d’âge fixe, dit-on, pour faire fonctionner ses facultés sexuelles. Adultes et mineurs se disputent les hommes pour assouvir leurs besoins charnels. Ainsi, il existe des mineures qui s’adonnent à la prostitution pour le plaisir étant influencées par des adultes et il en existe d’autres qui le font pour le besoin d’argent.

L’une des causes à ce sujet trouve son origine dans la pauvreté qui sévit dans bon nombre de foyers. Les parents pauvres ont du mal à subvenir aux besoins de leurs progénitures et ces derniers, les filles surtout se prostituent pour faire face aux problèmes de la vie. Dans certaines familles, signale-t-on, les parents ne se gênent pas quand ils rappellent à leurs filles - tout âge confondu - qu’elles ont tout ce qu’il faut pour avoir l’argent. Il s’agit bien sûr de leur beauté et de leur corps qu’elles peuvent transformer en marchandise.

Les hommes ont une grande responsabilité dans ce qui arrivent aux filles mineures quand elles se prostituent. Comme de bêtes sans défense, ils profitent de leur ignorance et de leur faiblesse pour abuser d’elles. Certes, les filles agissent en folie, à la manière de chiens sans collier (mbua ba kata singa), mais les adultes doivent les aider à revenir à la raison. Si un tel effort était manifeste dans le chef des responsables et autres adultes, on déplorerait moins les actions de prostitution infantile observée ça et là à travers le monde. Beaucoup de langues s’accordent à dire qu’il y a un esprit qui guide les filles par leur manière de s’habiller ; ce qui attire généralement les hommes à les inviter. A cette allure, le monde de demain ne manquera pas d’avoir ses " nudistes ". Ce qui sera normal aux yeux des hommes.

A.N.

Pour manger, il suffit de se vendre

Le spectacle que nous offre les rues de la ville de Kinshasa pendant les journées comme tard dans la nuit ne laisse les personnes bien-pensantes sans réaction. En effet, toutes ces silhouettes puériles qui essayent de masquer leur âge dans l’habillement trop sexy cherchent tout simplement à survivre. S’il y a une certaine période où les femmes avancées en âge s’amourachaient des hommes beaucoup moins âgés qu’elles et qu’elles y mettaient le paquet, nous traversons une époque contraire où les hommes âgés préfèrent la compagnie des mineures.

Et obtenir ces mineures est une chose facile vue la période extrêmement difficile que traversent des nombreuses familles dans la capitale. Dans plusieurs familles, le petit déjeuner est devenu une affaire individuelle. Que celui qui a besoin d’un morceau de pain se l’achète lui-même. Comble de malheur, il y a de ces enfants qui n’attendent que le jour du nouvel an pour manger un morceau de poulet. C’est alors que l’on comprend si facilement ces petites filles qui se laissent aller pour bénéficier des avantages matériels que leurs parents ne peuvent leur offrir. Ainsi, quand on veut gagner 1.000 FC pour un jeu de passe-passe, on n’a pas à réfléchir deux fois.

L’autre marché le plus prisé par les hommes est constitué des filles de la rue. Ces enfants qui sont responsables de leurs propres vies s’adonnent à la prostitution pour survivre. Et dire qu’il y a de ces grands hommes qui sans honte ni crainte, n’hésitent pas à s’afficher avec des mineures. Quand on sait qu’il y a des professionnelles de sexe de leur âge qui ne font que ça depuis des années et qui n’attendent que la proposition. Mais profiter de la naïveté des mineures ou tout simplement de leur pauvreté pour s’en faire des partenaires sexuelles, ne peut être que condamnable.

Fifi Nyakio

La prostitution des mineures, un échec de l’éducation parentale

La ville province de Kinshasa connaît une recrudescence de la prostitution infantile. Les grandes artères, les ruelles, les stands de marché, les maisons de tolérance, les maisons inachevées, les bâtiments abandonnés, sont des cadres où les mineures se livrent à la prostitution au su et vu de tout le monde.

Les parents se sont très vite déchargés de leurs responsabilités. Les enfants sont laissés trop tôt à eux mêmes. Dans beaucoup de familles, la sexualité constitue un sujet tabou dont les parents n’osent pas aborder avec leurs enfants. Par manque d’une éducation de base solide, les jeunes filles se livrent à leurs camarades, aux adultes irresponsables qui leur apprennent tout sur la sexualité de manière complaisante. Elles y prennent goût et tentent l’expérience. Elles commencent à flirter avec les personnes de l’autre sexe. Les parents ferment les yeux. Un acte coupable. Car, dès qu’elles goûtent au mal, elles ne se maîtrisent plus. Il peut en résulter une grossesse précoce. Ce faux pas suffit à certains parents pour renvoyer leurs enfants à la rue.

La prostitution des mineures n’est pas seulement liée aux conditions de vie actuelles, bien qu’elles constituent une de causes majeures. Il arrive que les enfants issues des familles aisées s’adonnent à la prostitution par négligence de leurs parents. Quand ceux-ci se montrent trop permissifs et veulent accorder à leurs enfants le temps de jouir de leur jeunesse. Ils les laissent s’adonner à des distractions inconvenantes, notamment les excursions entre jeunes, des sorties incontrôlées, des visites à des personnes inconnues des parents, des soirées récréatives, etc, toutes ces occasions donnent aux jeunes l’opportunité d’échapper au contrôle parental. Là aussi, c’est la faute aux parents.

Une scolarisation ratée pousse l’enfant à une liberté incontrôlée. Les enfants qui pullulent dans les rues de Kinshasa n’ont pas étudié. Elles ont abandonné l’école très tôt ou elles n’y ont jamais été.

Le phénomène « Shegue » a jeté un nombre important d’enfants dans la prostitution. Laissées à elles-mêmes, elles se débrouillent pour survivre. Elles s’offrent au premier venu. Dans les rues de la capitale, il n’est plus étonnant de voir de jeunes adolescentes qui se dénudent, sans problème devant tout celui qui s’approcherait d’elles. Elles se promènent à moitié vêtues et proposent leurs services.

Dans les communes populeuses, les adolescentes se positionnent devant les terrasses, les arrêts de bus, les magasins, les endroits très fréquentés à la recherche des clients.

Kato Ferdinand

© L’Avenir 22.10.2005


 


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