Publication par l’OMS des résultats d’un projet de recherche sur les voyages et les thromboses

Le risque de thrombose veineuse est plus élevé après un voyage de plus de quatre heures mais reste relativement faible



Le samedi 30 juin 2007

GENÈVE — L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié aujourd’hui les résultats de la phase 1 du projet OMS de recherche sur les dangers des voyages dans le monde (WRIGHT : World Health Organization Research Into Global Hazards of Travel). D’après ces constatations, le risque de souffrir d’une thromboembolie veineuse (TEV) est multiplié par deux environ après quatre heures de voyage et plus. Toutefois, on relève que, même avec ce risque accru, le risque absolu de TEV reste relativement faible, environ 1 pour 6 000, même en étant assis immobile pendant plus de quatre heures.

Les deux manifestations les plus courantes sont la thrombose veineuse profonde (TVP) et l’embolie pulmonaire.

La thrombose veineuse profonde (TVP) apparaît quand un caillot sanguin, ou thrombus, se développe dans une veine profonde, en général dans la partie inférieure de la jambe. Ses symptômes sont principalement une douleur, une sensibilité au toucher et un œdème de la partie affectée. On peut la détecter au moyen d’examens médicaux et on peut la traiter. La TVP peut engager le pronostic vital lorsqu’elle s’associe à la thromboembolie.

La thromboembolie survient lorsqu’un caillot (d’une thrombose veineuse profonde) dans la jambe se détache de la veine, se déplace dans l’organisme et arrive dans les poumons où il se coince et bloque la circulation sanguine. On parle alors d’embolie pulmonaire, qui a pour symptômes des douleurs thoraciques et des troubles respiratoires. On peut traiter la TVP mais, sans traitement, il y a un risque de décès.

L’étude montre que les passagers des avions, des trains, des bus ou des automobiles sont exposés à un risque plus élevé de TEV lorsqu’ils restent assis sans bouger pendant plus de quatre heures. Cela est dû à la stase du sang veineux qu’entraîne une immobilité prolongée et qui favorise la formation de caillots dans les veines.

Une étude du projet, s’intéressant en particulier aux voyages aériens, a découvert que les passagers prenant plusieurs vols en peu de temps sont également exposés à un risque accru. La raison en est que le risque de TEV ne disparaît pas complètement à la fin d’un vol et que l’élévation du risque persiste pendant quatre semaines environ.

Autres facteurs d’influence

Le rapport établi qu’un certain nombre d’autres facteurs accroissent le risque de TEV au cours des voyages : l’obésité, la taille (plus de 1m90 ou moins de 1m60), les contraceptifs oraux et les troubles sanguins héréditaires, conduisant à une tendance à la thrombose.

« L’étude confirme qu’il y a un risque accru de thromboembolie veineuse au cours des voyages lorsque les passagers restent assis immobiles pendant plus de quatre heures, qu’ils soient dans un avion, un train, un bus ou une voiture. Il importe cependant de rappeler que ce risque reste relativement faible », explique le Dr Catherine Le Galès-Camus, Sous-Directeur général à l’OMS pour Maladies non transmissibles et santé mentale.

L’étude n’a pas porté sur les mesures de prévention efficaces pour éviter la TVP et la TEV. Les spécialistes reconnaissent toutefois que l’on peut améliorer la circulation sanguine en activant les muscles du mollet par des mouvements verticaux du pied au niveau de l’articulation de la cheville. En bougeant les pieds de cette manière, on facilite la circulation du sang dans le mollet et on réduit ainsi le phénomène de stase veineuse.

Les passagers devraient également éviter de porter des vêtements trop serrés pendant les voyages car ils induisent également une stase veineuse.

La phase I du projet conclut à la nécessité pour les autorités chargées des transports, les compagnies aériennes et les professions médicales de donner aux voyageurs des informations suffisantes sur les risques de TEV. Il faudra faire d’autres études pour déterminer les mesures efficaces de prévention. Elles feront l’objet de la phase II du programme, pour laquelle on doit réunir des fonds supplémentaires avant de pouvoir la commencer.

Les personnes ayant des questions sur la prévention des thromboses doivent consulter leur médecin avant de voyager.

Informations générales sur le projet WRIGHT

En 2000, l’attention du public et des médias a été attirée sur le risque de thrombose pour les passagers des vols long-courrier à la suite du décès par embolie pulmonaire d’une jeune Anglaise revenant d’Australie. Cette même année, un rapport de la Commission d’enquête scientifique et technologique de la Chambre des Lords du Royaume-Uni a recommandé de faire des recherches sur le risque de thrombose veineuse. Après une consultation d’experts réunis par l’OMS en mars 2001, le projet WRIGHT a été lancé. La phase 1 a été financé par le gouvernement du Royaume-Uni (Ministère des transports et Ministère de la Santé) et par la Commission européenne.

La phase I avait pour objectif de confirmer l’augmentation éventuelle du risque de thromboembolie veineuse pendant les voyages aériens et de déterminer l’ampleur de ce risque.

Les études ont été menées sous l’égide de l’OMS et exécutées dans le cadre d’une collaboration internationale de chercheurs des universités de Leiden, Amsterdam, Leicester, Newcastle, Aberdeen et Lausanne. Il y a eu cinq études :

Une étude cas-témoins en population pour étudier les facteurs de risques de TEV ; Deux études rétrospectives de cohortes sur les employés d’organisations internationales et les pilotes néerlandais de vols commerciaux pour étudier le risque véritable de TEV en relation avec les voyages aériens ; Deux études de physiopathologie pour étudier l’influence de l’immobilité sur la TEV en relation avec les voyages et l’influence de la basse pression de l’air et de la concentration réduite en oxygène dans la cabine des avions.

Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent prendre contact avec :

Shanthi Mendis
Conseiller principal
Maladies cardiovasculaires, Maladies chroniques et promotion de la santé
OMS, Genève
Tél. : +41 22 791 3141
Portable : +41 79 505 7455 Courriel : mendiss@who.int


 


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