Par Freddy mulumba kabuayi
En séjour à Kinshasa, le professeur Tshiyembe Mwayila s’est entretenu avec Le Potentiel sur la diplomatie congolaise, mieux la politique étrangère de la RDC, qu’il subdivise en quatre périodes. Il est question de périodes respectivement de la diplomatie de crise, la diplomatie de la porte ouverte, de la diplomatie de temps perdu et de la diplomatie de l’impuissance.
A quoi sert la diplomatie ou la politique étrangère dans un pays ?
On peut comparer la politique étrangère à une sorte de miroir brisé à travers lequel les Etats expriment leur vision du monde et de la société. Celle-ci a pour fonctions de maximiser les opportunités et, en même temps, de limiter les généralités qu’un Etat puisse avoir. A partir de là, la politique étrangère est un instrument de l’Etat pour pouvoir, au départ, atteindre certains intérêts, notamment l’intérêt national qui est l’un des objectifs primordiaux des Etats. Chaque Etat a pour finalité de défendre son intérêt national. Donc, la diplomatie est un instrument au service des Etats. A un moment de leur évolution, ils peuvent se projeter dans l’avenir en donnant leur vision au monde et à la société. C’est aussi un outil qui permet aux Etats de tirer profit des opportunités qui s’offrent et, en même temps, de faire en sorte que là où les Etats ont des faiblesses, la diplomatie se déploie pour éviter d’alourdir, d’aggraver la situation de ces faiblesses des Etats.
C’est dire que la diplomatie sert essentiellement à cette possibilité que les Etats se donnent à la fois de penser et de dire les choses vis-à-vis d’eux-mêmes et du monde, ainsi que de se donner les moyens pour faire face à ce qui change dans le monde à la défense de leurs intérêts. En même temps, des idées que telle ou telle faiblesse, telle ou telle vulnérabilité qui se présente ne puisse pas les contraindre, à un moment donné, soit d’hypothéquer leurs intérêts, soit de perdre la face au regard d’autres Etats qui sont des partenaires.
Après cette explication, peut-on dire que la RDC a une diplomatie, une politique étrangère ?
Oui, dans une certaine mesure, dans la mesure où il existe un Etat. Le Congo étant un Etat souverain au point de vue du droit international. Cela, quelles que soient ses faiblesses ou ses difficultés. Est-ce que le Congo a une politique étrangère ? Bien sûr que oui. Qu’elle soit explicite, c’est-à-dire pensée et mise en œuvre. On a une vision et on peut avoir cette vision à partir de laquelle existent des principes sur lesquels la diplomatie peut fonctionner. Que le ministre soit désigné et que des moyens soient mis à sa disposition. La seule différence est que depuis 1960, si on peut donner une certaine mesure séquentielle de l’évolution de la diplomatie congolaise, il y a eu quatre périodes.
De 1960 à 1965, nous l’appelons période de la diplomatie de crise. Le pays était colonisé. Quelques jours après, il y a mutinerie. La sécession du Katanga intervient le 11 juillet 1960. Un mois plus tard, c’est le tour du Sud-Kasaï d’entrer en sécession. Au mois de septembre de la même année, est née la crise institutionnelle : le président Kasa-Vubu révoque le premier ministre Lumumba et celui-ci, à son tour, révoque le chef de l’Etat. En tant que chef des armées, Mobutu intervient sous prétexte de neutraliser les deux camps en créant ce fameux gouvernement des commissaires généraux jusqu’à ce que Lumumba est arrêté, envoyé au Katanga et mort dans les conditions que l’on sait. Par la suite, il y a eu enchaînement de la situation : les Lumumbistes, ayant la majorité dans les deux chambres, ont cherché à ce qu’on revienne à la réalité constitutionnelle. Ce qui n’a pas été le cas, malheureusement. C’est ainsi qu’ils ont quitté le pays en traversant à Brazzaville pour aller créer le Conseil national de libération avec Laurent-Désiré Kabila, Soumialhot et bien d’autres gens. Ce qui a conduit quasiment, autour des années 60, 63, début 64, à des manœuvres qui consistent à solliciter l’ancien président du Katanga, Moïse Tshombe, pour qu’il forme un gouvernement de salut public. Et c’est lui qui reprend la main après Cyrille Adoula et qui va mettre ses moyens financiers et ses mercenaires au service de l’Armée nationale congolaise.
Et l’ensemble de cet amalgame va permettre, effectivement, d’élaborer la Constitution de Luluabourg, de se battre contre les rébellions lumumbistes (de Mulele dans le Kwilu, de Soumialhot, de Kabila et des autres dans l’Est du pays). Les élections générales ont vu la victoire de la Convention nationale du Congo (Conaco) de Tshombé. Malheureusement, Tshombé va être privé de la responsabilité gouvernementale qui lui revenait de droit parce qu’il avait la majorité dans les deux Chambres. Et c’est le coup d’Etat de Mobutu qui intervient en 1965.
Mais il y avait un vide pendant cette période-là ?
Dans la mesure où ce pseudo gouvernement et cette pseudo majorité qui n’existent pas. Dans le levier du pouvoir de l’Etat, conformément à la Constitution de crise en crise, il y avait l’action du gouvernement mais qui n’était pas conduite d’une manière rationnelle assise sur les deux Chambres.
Il y a des choses que le gouvernement peut faire et celle qu’il ne peut pas faire. Il y a des accords que le chef de l’Etat peut signer. Il y en a qui, par exemple, pour être ratifiés, doivent obtenir l’accord du parlement dans la mesure où le gouvernement Lumumba, lui-même, est resté dans l’histoire comme le héro national. Il n’a pas su combien de jours il va réellement gouverner. Tout ceci fait que nous considérons cette période comme celle de la diplomatie de la crise. Bien sûr, il y a eu l’intervention des Nations unies. De 60 à 65 …
Nous sommes donc dans la diplomatie de crise …
Oui. Alors, à partir de 1965 (coup d’Etat de Mobutu) jusqu’à la fin de 1990, au moment où Mobutu reconnaît, dans son discours, la nécessité des états généraux, il demande à Mokolo wa Pombo de faire le tour du Congo pour ramasser les cahiers de doléances . Afin, disait-il, de faire face à la crise et chercher une nouvelle légitimité pour le Zaïre. Pendant toute cette période, depuis que Mobutu s’installe au pouvoir, il y a cristallisation. Nul ne sait si vraiment qu’il avait les reins solides pour tenir le coup. Le Haut commandement lui avait confié ce pouvoir pour cinq ans. Alors, à partir de là, il réussit de faire asseoir l’autorité de l’Etat. Les rébellions avaient été mâtées à partir déjà du gouvernement Tshombé. Mobutu a l’intelligence de créer, à la limite ou réhabiliter un semblant de diplomatie qui avait existé de 60 à 1965. A partir de là, nous entrons dans une période de ce que nous appelons la diplomatie de la porte ouverte.
Mobutu va, réellement, faire régenter ce pays en ouvrant les ambassades dans la quasi-totalité des pays qui comptent dans le monde et en permettant à ces pays d’ouvrir leurs ambassades à Kinshasa. Ainsi, il croit avoir une vision et pense que le Congo, qui deviendra le Zaïre en 1971 avec le recours à l’authenticité, doit avoir un nouvel élan. Et que, par conséquent, pour sortir le Congo de la crise qui était devenue la risée de la communauté internationale, il a mis le paquet non seulement dans la formation des hommes à qui cette diplomatie avait été confiée mais aussi pour l’ouverture quasi-totale du Congo et ensuite du Zaïre au monde. Que ça soit les forums politiques - le sommet de l’OUA, par exemple, a lieu à Kinshasa en 1967. Tout ceci rappelle que lorsque nous arrivons en 1970, les cinq premières années du régime Mobutu, Kinshasa deviendra, petit à petit, devient la capitale de l’Afrique centrale. Les grandes manifestations internationales se tiennent à Kinshasa. Et le gouvernement congolais, zaïrois à l’époque, est respecté. En 1974, le combat du « siècle » Mohamed Ali-George Foreman a lieu dans la capitale congolaise. J’étais à Yaoundé à l’époque pour un colloque.
En écoutant la radio, les amis ne pensaient pas que le Zaïre pouvait organiser ce combat. C’était un pays proche du Cameroun, un pays d’Afrique centrale. C’est pour vous dire que Mobutu a mis les moyens pour montrer que les principes même de la politique étrangère avaient été définis. Premièrement, le principe de ce que Mobutu appelait le neutralisme politique en partant du fait que le Zaïre avait des intérêts comme tous les autres Etats. Mais si les intérêts du Zaïre étaient menacés et que, dans la communauté internationale pour les pays qui soutiennent le Zaïre, celui-ci ne peut pas se permettre de dire que tel ou tel pays est de gauche ou de droite.
C’est dire que le neutralisme n’est pas la faculté de s’isoler. On est neutre parce qu’on n’est ni un pays du Bloc communiste ni celui du Bloc capitaliste. Mais si un pays capitaliste défend les intérêts du Zaïre a un regard de bienveillance et de soutien de cette puissance, qu’elle soit de l’Est ou de l’Ouest.
Mobutu est parti d’un autre principe de la politique étrangère selon lequel la géographie du Zaïre depuis l’Etat indépendant du Congo, cette centralité au cœur du continent donne des obligations. La géographie dicte au Congo des obligations pour imaginer une politique de bon voisinage dont l’enjeu est d’être une politique de haute prospérité économique de la problématique de puissance régionale. Mobutu va tenter de créer ce qu’il va appeler les Etats de l’Afrique centrale, avec le Tchad, la République Centrafricaine. Cela va échouer. Il reviendra à la charge pour créer la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) et, ensuite, créer la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). La géographie dictant au Congo l’obligation d’avoir une politique étrangère de bon voisinage qui repose sur deux piliers : l’intégration régionale, la recherche de la prospérité économique partagée et la co-sécurité régionale parce que le Zaïre doit être un référentiel, une variable structurante de l’Afrique centrale et de l’Afrique des Grands Lacs en matière de sécurité.
D’ailleurs, les premiers articles de l’Acte constitutif de la CEPGL commencent par la problématique de la sécurité qu’il faut assurer entre pays membres. Evidemment, cet élan va continuer jusqu’au moment où Mobutu va faire son fameux discours du 4 octobre 1973 à l’Assemblée générale des Nations unies. Où, je rappelle en reprenant les propos de Franz Fanon pour dire que la gâchette de l’Afrique est au Zaïre et que, si celui-ci met le doigt sur le déclencheur, probablement, on peut assister à un tremblement de terre. Je rappelle qu’à cette époque, le président Mobutu menaçait l’Afrique du Sud pour avoir mis en place la politique de l’Apartheid. Pour lui, si ce pays ne met pas fin à ce régime, le Zaïre pourrait mobiliser ses moyens et ses forces pour aller mettre la minorité blanche d’Afrique du Sud devant ses responsabilités. Laquelle, à tort ou à raison, a cru que Mobutu menaçait l’Afrique du Sud et qu’il fallait même donner les éléments de la bombe atomique à …
Il en était de même sous le régime Kabila père ? Ce n’est pas seulement pendant que Mobutu était au pouvoir. Il avait au moins la permission du monde occidental. Il avait quand même élaboré cette diplomatie liée à la grandeur du pays ?
Evidemment, Mobutu, à ma connaissance n’a pas signé un traité, par exemple, le liant aux Etats-Unis, à la France et même à la Belgique militairement. Il y avait un accord d’amitié qui a été signé à l’indépendance entre le Congo et la Belgique mais qui a été dénoncé suite à l’intervention militaire de la Belgique au Congo sous le prétexte que ses ressortissants étaient menacés. Et cela sans l’accord préalable du gouvernement congolais. Mais Mobutu avait le bagout de profiter de craquellements de l’histoire de la décolonisation Le fait que le Congo était l’Etat indépendant du Congo, c’est-à-dire cet Etat mondial qui a été conçu à Berlin comme étant un espace mondial ouvert à tous les pays de la sphère, à commencer par les 14 Etats qui avaient signé l’Accord de Berlin et que cette proximité de la Belgique avec le Traité de l’Atlantique Nord (Otan) et les Etats-Unis aidant, parce qu’il fallait avoir un regard de bienveillance de l’Occident d’une manière générale et des Etats ainsi que le l’Otan en particulier, il a justement profité de ces peurs de décolonisation. Il a tiré profit substantiellement, informellement dirions-nous aujourd’hui, de la rivalité Est-Ouest dans la mesure où le Congo, ancienne colonie belge supposée restée dans le camp occidental, bénéficiait de largesses des Etats-Unis sans que, en droit, rien n’ait été entrepris pour asseoir une alliance militaire.
Peut-on aussi dire que cette diplomatie de crise a été menée pour lui-même et non pour le pays parce que Mobutu parti, tout s’est effondré ?
Non. Cela s’est effondré non pas parce qu’il est parti. De 65 à 68, Mobutu était contesté quasiment partout. Les Non alignés, pro Lumumbistes ou, à tout le moins, constitutionnalistes considéraient que, à tort ou à raison, Mobutu était l’un des acteurs de la mort de Lumumba en tant qu’ancien Lumumbiste. Le fait qu’il ait laissé ou avoir participé, de loin ou de près, à la disparition du premier Premier ministre congolais sans avoir rien entrepris pour sauver sa vie. Pour cela, beaucoup de dirigeants des pays Non alignés le critiquaient et ne voulaient même pas le voir dans leurs pays. Donc, il a été obligé de prendre sur lui-même non seulement ses propres sentiments mais il est allé de l’avant vers ces pays-là et de les convaincre que le Congo est un pays qui compte, qu’il est pour l’Afrique.
Et, d’ailleurs, le fait de proclamer Lumumba héros national entre dans cette intelligence de mobilisation, d’abord des Congolais critiques vis-à-vis de Mobutu dont il a récupéré une bonne partie ; ensuite des pays Non alignés à partir du sommet de l’OUA à Kinshasa devant lesquels il s’est justifié en leur disant que c’était l’affaire du colonialisme ou du néo-colonialisme. Et que lui n’y était pour rien. L’Occident voulait la mort de Lumumba au nom de l’accusation contre le colonialisme. Beaucoup le lui ont pardonné. Mais, au fil de temps, même les anciens soutiens inconditionnels de Lumumba, notamment les Nkrumah et autres, ont mordu à l’hameçon. Au fur et à mesure que le temps passait, Mobutu a pu asseoir une certaine respectabilité du Zaïre.
Peut-on également comprendre que la chance qui a souri à Mobutu ne l’a pas été pour Kabila père ? Tout le monde était contre lui quand il a été au pouvoir…
M’Zée Kabila arrive au moment où le conflit Est-Ouest touche pratiquement à sa fin, c’est-à-dire au moment de la diplomatie de temps perdu. Gorbatchev, au pouvoir dans l’URSS, lance la Glasnost et la Perestroïka. Il faut libéraliser le monde. La démocratisation s’engage. A partir de là, le Congo n’est pas en reste. Les conférences nationales commencent à claironner ça et là. Et, après l’assassinat du président Ceausescu de la Roumanie, Mobutu met en garde l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui avait déjà été créée. Dans la rue, il y avait déjà des contestations quasiment partout. Mobutu va tenter de devancer ces événements en recueillent les cahiers de doléances pour pouvoir restructurer le Mouvement populaire de la révolution (MPR), alors Parti-Etat, au regard de ces doléances et voir comment sauver son pouvoir dans la problématique de la démocratisation. On sait ce qu’il en est advenu. Il voulait une conférence constitutionnelle qui le légitimerait moyennent la reconnaissance du pluralisme mais qui le ferait une primauté au MPR, Parti-Etat. Le refus de l’opposition radicale qui va se former a fait qu’on est allé carrément à la Conférence nationale souveraine.
Même si cette reconnaissance de souveraineté n’était pas étanche parce qu’il y a eu des décisions prises sans que Mobutu soit lié. Il y en a qu’il a accepté, notamment être reconnu, lui-même, comme président toute la période de transition. Il a considéré que c’était une victoire car il était assuré de demeurer dans son fauteuil présidentiel jusqu’à nouvel ordre. Bref, lorsque le Premier ministre de transition est élu à la fin de 1992 et le gouvernement de transition mis sur pied, on connaît la manœuvre - Mobutu étant l’homme le plus habile des dirigeants africains, très rusé, le plus fini au sens machiavélien du terme. Il a tout repris en mains. Et cela a fait qu’un an après le fonctionnement des institutions issues de la Conférence nationale souveraine (CNS), il est redevenu le maître. Le pays a eu deux gouvernements : celui issu de la CNS avec à sa tête Tshisekedi que Mobutu a fait nommer et celui de l’un des membres de l’UDPS, M. Birindwa, qui formera un gouvernement pro-Mobutiste avec ce qu’on a appelé à l’époque « les forces du Conclave ». Le pays a connu deux parlements : celui dirigé par Mgr Monsengwo et celui que le maréchal Mobutu a fait fabriquer. A partir de ce moment-là, la paralysie est totale. L’UDPS, avec l’opposition radicale, mène sa propre diplomatie …
Contre le pays ?
Non. Contre le régime de Mobutu.
Mais c’était pour desservir le pays ?
Cela ne pouvait que l’être. Car, au regard de la communauté internationale, il n’y avait qu’un pays, le Zaïre. L’existence de deux gouvernements a fait que les uns avaient une certaine sympathie pour le gouvernement de transition. Mais, dans la mesure où ce gouvernement n’a fait long feu, au regard des hommes et des femmes inconnus qui avaient été nommés alors que tous les ténors de l’opposition n’étaient pas dans cette équipe gouvernementale, Mobutu en a profité pour monter les enchères dans la demande des ministères régaliens qu’il voulait avoir. Donc, nous sommes dans la phase de la diplomatie de temps perdu, c’est-à-dire de paralysie générale jusqu’en 1994, avec le gouvernement de Kengo Wa Dondo. C’est ainsi que le pays va avancer, mais dans un brouhaha indescriptible parce que personne ne comprend ce que veut dire le Zaïre. Mobutu dit des choses qu’on ne veut entendre. Cependant, il est tout de même président en exercice. Alors que le gouvernement issu de la CNS, dont le premier ministre a été limogé par Mobutu, a attendu pendant un temps le son de cloche qui devait venir de son côté. Mais l’opposition radicale, elle-même, ayant volé en éclats, la voix diplomatique du Zaïre était totalement aphone jusqu’à ce que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) du Congo, avec Laurent-Désiré Kabila, entre à Kinshasa en 1997.
Voulez-vous dire que la diplomatie de temps perdu commence avec la CNS ?
Avec la CNS jusqu’à l’arrivée de l’AFDL. Lorsque celle-ci prend le pouvoir, cette diplomatie de temps perdu se poursuit toujours. Elle continue sous la forme de ce que j’ai appelé la période de la diplomatie de l’impuissance. Parce qu’avec le massacre des étudiants de l’Université de Lubumbashi, réel ou supposé, la communauté internationale avait rompu la coopération avec le régime Mobutu. Laurent-Désiré Kabila prend le pouvoir alors que le monde entier a effective ment rompu cette coopération avec le Zaïre de Mobutu. Situation aggravée par la rivalité entre le gouvernement révoqué de Tshisekedi et le gouvernement de Mobutu et son parlement qui continuent à fonctionner. Résultat : Laurent-Désiré Kabila va, à tort ou à raison, mettre cette impuissance de la diplomatie congolaise dans l’expectative. Ceux qui soutenaient Mobutu parlaient de l’incontournabilité de ce dernier à partir du fait qu’avec la crise du Rwanda ayant entraîné le génocide et la problématique des réfugiés avec l’opération « Turquoise ». Pour la communauté internationale dont la France, Mobutu était incontournable parce qu’il fallait sauver la carte des réfugiés.
Alors, pendant qu’on posait la problématique de cette incontournabilité, la rébellion s’engageait avec Laurent-Désiré Kabila et ses alliés, le Rwanda, la Burundi, l’Ouganda, avec la bénédiction des Etats-Unis. Donc, lorsque l’AFDL prend le pouvoir, le pays, diplomatiquement, est totalement mort. M’Zée Kabila va essayer, autant que faire se peut, de relancer la machine. Dans la mesure où, même un an après, ses propres alliés, le Rwanda et l’Ouganda, voulant le chasser du pouvoir, le privent de cette relance. Sans oublier les rébellions du Mouvement de libération du Congo (MLC) et du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Ce qui a fait que le pays soit encore rentré dans une phase inconnue, c’est-à-dire de guerre entre les alliés de Laurent-Désiré Kabila jusqu’à son assassinat odieux.
Peut-on dire que M’Zée Kabila n’a pas été compris, d’un côté, par la communauté internationale ou par ceux qui pensaient mettre la main sur le Congo ; et, de l’autre, par les Congolais jusqu’à ce que …
Mais c’est une évidence parce qu’une partie de Congolais qui ont pris part à la CNS pensaient, à tort ou à raison, que, s’il y avait changement de régime, non seulement il fallait compter avec les libérateurs derrière Laurent Désiré Kabila, mais aussi avec ceux qui étaient au pays et qui avaient défendu, corps et biens, la liberté, les droits des Congolais contre le régime de Mobutu. La dissonance entre les forces de la CNS et les hommes venus avec Laurent-Désiré Kabila, ceux-là même que les puissances étrangères avaient soutenu, a fait que, tout en parlant de la libération, beaucoup de Congolais ont reconnu dans L.D Kabila quelqu’un qui allait donner un nouvel élan à ce pays. Mais, dans la mesure où l’AFDL était, pour paraphraser M’Zée Kabila, une sorte de conglomérat d’aventuriers qui n’avaient pas une sorte de projet de société, une vision du monde incarnée par L.-D Kabila, pensée par l’ensemble des forces autour de l’AFDL avec une vision du monde post-communiste. La plupart des gens qui étaient autour de L.-D Kabila, Congolais patriotes, ne savaient pas, pour beaucoup d’entre eux, de bonne foi, que le monde avait changé. Que le monde de la rivalité Est-Ouest que L.-D Kabila avait connu n’existait plus. Et qu’il fallait mettre le Congo dans une perspective nouvelle, imaginer une diplomatie nouvelle au regard de changements eu monde et des problématiques nouvelles. Notamment les questions de l’environnement, du Sida, etc.
Là, il y a un problème parce qu’on avait déjà un plan de balkanisation de notre pays monté depuis les années 90. L’ambassadeur russe en RDC avait tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a démontré que, même à l’ONU, il y avait déjà un débat autour de la balkanisation du pays que les Russes n’ont pas cautionnée. Tout n’était-il pas mis en œuvre pour que M’Zée Kabila échoue ? D’ailleurs, lors de l’agression du Congo en août 1998, il en a parlé mais personne ne l’a écouté…
Pour les théories dites de balkanisation, je me souviens que le secrétaire d’Etat américain, Cohen, en charge de l’Afrique, faisait des conférences publiques au cours desquelles il soutenait la thèse selon laquelle l’immensité des pays avec des populations d’origines diverses par l’origine ethnique, les langues, les religions fait que ces Etats sont ingouvernables. Il citait l’Union soviétique, le Soudan, le Zaïre et bien d’autres pays encore. Pour l’Afrique, il fallait démembrer le Soudan et le Zaïre pour les recomposer au sens européen du terme, c’est-à-dire chercher la corrélation entre l’unicité ethnique et géographique du pays pour créer ce qu’ils appellent, à tort ou à raison, une Nation afin qu’il y ait une concordance entre l’identité nationale et l’identité géographique.
Cela veut dire que, 130 ans après, M. Cohen a toujours la vision de la Conférence de Berlin bis ?
Que l’on veuille diviser le Congo ou l’Afrique, c’est une évidence. Concernant la diplomatie, en tant qu’outil, il revient à ceux qui prennent le pouvoir de tenir compte de cette menace de balkanisation. il est question aussi de faire entrer dans la diplomatie des stratégies ou des contre-stratégies pour éviter, justement, que cette balkanisation puisse voir le jour. Sinon, la diplomatie n’a pas de sens, si c’est pour tout simplement être avec des alliés, des gens qui vous caressent dans le sens du poils, qui vous écoutent et vous honorent. C’est une autre diplomatie même si on est dans la quiétude, on n’a pas d’ennemi. Cela n’a rien à voir. Mais la faculté des hommes d’Etat, eux-mêmes, leur capacité de montrer qu’on a une certaine conscience d’où l’on vient et où l’on va, c’est d’affronter les obstacles. C’est ce que Laurent-Désiré Kabila avait tenté de faire. S’il n’était pas assassiné, les choses auraient, probablement, changé par la suite. Parce que le déficit dont il avait souffert vient du fait que, d’abord, lui-même était resté longtemps à l’extérieur. Ensuite, à peine qu’il était installé au pouvoir, les hommes et les femmes qui l’avaient rejoint, y compris les puissances étrangères, ont commencé à lui réclamer l’effort de guerre. Il s’agit, par exemple, du Zimbabwe qui demandait des millions de dollars. Le Zimbabwe est le seul pays qui était logique au sens qu’officiellement, le président Robert Mugabe a fait rédiger un communiqué officiel selon lequel le Congo de Kabila doit autant parce que nous avons déployé de l’aide pour le soutenir. Le Rwanda et l’Ouganda n’avaient rien dit. Seulement, ces deux pays ne cessaient de se défendre dans les médias en qualifiant M’Zée L.-D Kabila d’arrogant. Ils disaient qu’il est insolent, qu’il ne comprend rien. « Nous lui avons donné les moyens pour prendre le pouvoir et il ne s’occupe plus de nous ». Je ne sais pas ce qu’ils demandaient. Etaient-ce des biens matériels, les ressources, etc.
Mais, à partir de là, il a été marginalisé par ceux-là même qui l’ont aidé à prendre le pouvoir. Cette vulnérabilité interne a fait qu’il n’ait pas eu le temps ni les moyens de faire asseoir la visibilité diplomatique. Ce que le professeur Philippe Biyoya appelle élégamment « la guérilla diplomatique ». C’est cette manière galvaudée d’aborder la problématique du monde avec la vision de la lutte armée a fait que, automatiquement, il s’est retrouvé en porte-à-faux. Le monde divisé Est-Ouest auquel il avait cru de bonne foi - Souvenez-vous que L.-D Kabila avait effectué ses premiers voyages à Cuba, en Libye, en Chine à partir de ce qu’il avait vécu - que les Non-alignés étaient encore un vecteur diplomatique important. A l’époque où il était jeune, c’était encore l’espace révolutionnaire de tous ceux qui, de loin ou de près, ne voulaient pas de l’impérialisme américain et du néo-colonialisme. Mais ce monde-là était déjà totalement fini au moment om il prend le pouvoir. Donc, il est en porte-à-faux avec l’évolution même du monde. On ne lui a pas laissé le temps de prendre en mains ce changement et voir comment adapter les idées qu’il avait sur le Congo, l’Afrique et le monde.
Nous sommes toujours dans la diplomatie de l’impuissance. Mais lorsque Joseph Kabila arrive au pouvoir, il recourt à ce que j’appelle la flexibilité. Notons que Laurent-Désiré Kabila disait, d’ailleurs gentiment, qu’il ne va pas traiter avec tous ceux qui ont mangé avec le diable. Et quand il a demandé aux alliés de l’AFDL qui voulaient le renverser de se retirer du Congo, parce qu’il estimait que c’était le moment de les remercier, il avait décidé de ne pas discuter de problèmes du pouvoir ni avec le RCD ni avec le MLC. Il considérait que le RCD et le MLC étaient des mouvements créés par le Rwanda et l’Ouganda. Et qu’en conséquence, il ne pouvait pas discuter avec ces gens-là pour le partage du pouvoir.
Alors, quid de la flexibilité ? C’est dire qu’en prenant le pouvoir dans les conditions que nous savons, Joseph Kabila a décidé de briser ce front-là en discutant avec les dirigeants du RCD et MLC et autres groupes armés pour partager le pouvoir avec eux. En vue de créer des conditions idéales au Dialogue intercongolais. Ce qui va aider à la mise en œuvre de l’Accord de Lusaka pour aboutir à cet Accord global et inclusif qui permet la transition et le leadership pentagonal 1+4. Mais nous sommes toujours dans la diplomatie de l’impuissance.
Toutefois, Joseph Kabila a introduit la flexibilité qui a permis de débloquer la machine, de réussir le Dialogue intercongolais, de mettre sur pied la transition et de créer ce leadership pentagonal qui a permis et au RCD et au MLC de partager le pouvoir pendant cinq ans. Tout ceci va se dérouler jusqu »aux élections de 2006 qui termine la période de l’impuissance.
Alors, depuis 2006 jusqu’aujourd’hui, nous sommes dans la période post diplomatie de l’impuissance, c’est-à-dire période où le pays se recherche pour, peut-être demain, …
Comment, il n’y a pas de qualificatif …
Il n’y a pas de qualificatif pour le moment. Il y a un an ou plus, si mes souvenirs dont bons, le président Kabila a, dans un discours, parlé de la diplomatie du développement, de la diplomatie de la paix. C’est honorable d’avoir une diplomatie pour le développement, d’avoir une diplomatie pour la paix. Mais cet objectif de paix étant une vision, si on peut le considérer ainsi, il faut se donner les moyens pour pouvoir traduire dans les actes cette problématique d’une diplomatie vers la recherche de la paix et les questions de l’environnement. Aujourd’hui, le Congo, qui est un château à partir du fleuve Congo et de ses affluents, peut avoir une diplomatie fondée sur l’eau.
Mais là, ça devient inquiétant parce que vous venez de parler de la diplomatie de l’impuissance. Ne voyez-vous pas qu’on peut développer aujourd’hui notre diplomatie de la puissance par rapport à notre dimension territoriale, à nos richesses, à notre position géostratégique ?
Rien n’est perdu. Le Congo est un Etat souverain, même s’il connaît des difficultés. Mais celles-ci ne sont pas éternelles, elles doivent être surmontées. C’est au gouvernement congolais, au président de la République, qui en a constitutionnellement le devoir, d’insuffler cette dynamique pour qu’au-delà de ce qu’il avait dit au moment de son installation au pouvoir, on sache réellement ce qu’est le développement, quelle est la stratégie congolaise du développement. Si on redéfinit la vision congolaise du développement, à ce moment-là, la diplomatie n’est qu’une politique publique appliquée à l’extérieur. Dans cette diplomatie nouvelle de développement général ou durable, si on a les axes du développement durable comme stratégie de développement de la RDC, on pourra se poser la question de savoir quelle est la part de la diplomatie congolaise dans le développement durable. C’est ainsi que l’outil diplomatique peut être mobilisé dans la perspective du développement pour mobiliser à l’extérieur les investisseurs publics ou privés qui veulent venir au Congo dans tel ou tel autre secteur. Il faudrait voir comment faire en sorte que le rayonnement du pays, une certaine image du Congo soit vendue à l’étranger pour attirer les investisseurs. A partir de là, on peut concrètement…
Ne parle-t-on pas de la diplomatie de la puissance pour ne pas faire peur à nos voisins ? Que ça soit la puissance militaire, économique, etc.
Le chef de l’Etat a l’opportunité de le dire, de le faire et, éventuellement demain, de le parfaire. Parce qu’au fond, la question qui est sous-jacente à celle que vous posez, c’est de voir le Congo se donner la capacité de voir le Congo opter pour la diplomatie de la puissance/ Le chef de l’Etat peut bien dire que, demain, le Congo doit déployer une diplomatie de la puissance. A ce moment-là, il faut savoir de quelle puissance dont il s’agit : est-ce une puissance économique, une puissance militaire, une puissance environnementale, etc. ? Et avec quels moyens ?
Notre diplomatie est faible. Et personne ne peut le contester. Que faut-il faire ?
Ce qu’il faut faire, c’est ce que nous venons d’engager. Il y a, à ma connaissance, demain ou après demain, une conférence diplomatique que le chef de l’Etat a convoquée. Il y en avait d’autres qu’il avait déjà convoquées auparavant qui avaient discuté, débattu et dégagé certaines propositions. C’est-à-dire que la RDC, après la mise sur le chantier de la 3ème République, même s’il y a des difficultés, un chemin doit être parcouru. Et dans ce chemin qu’il se frayer, la diplomatie est un outil au service du pouvoir pour donner de la visibilité de son action à la fois à l’intérieur et, surtout, à l’extérieur.
A partir de là, c’est le chef de l’Etat qui donne l’impulsion de cette définition. S’il dit, par exemple, que, dans les années qui viennent, nous voulons une diplomatie de la puissance. Il faut se poser la question de savoir ce qu’est une diplomatie de la puissance. Si c’est une puissance militaire, la question primordiale est de savoir quelle puissance militaire dont le Congo a-t-elle besoin aujourd’hui et demain ? Cela nous ramène à la fameuse question de l’armée républicaine dont notre pays ne dispose pas encore depuis que cette décision a été prise à la Conférence nationale souveraine. Aujourd’hui, nous sommes quasiment à un an ou deux ans de la fin du premier mandat du gouvernement de la 3ème République, l’armée républicaine dont on a parlé n’existe toujours pas. A ce moment-là, on peut muscler la question de sécurité et de défense de notre pays, non seulement pour l’armée proprement dite mais aussi pour les forces de l’ordre (la Police…) pour se donner cette capacité à la fois à l’intérieur du pays et à ses frontières.
A ce moment-là, on peut parler de la puissance militaire du Congo. Quant à la puissance économique, c’est le développement de notre pays. A partir du moment où on a comme objectif le développement durable du Congo avec la capacité de création des richesses. Comment expliquer que ce grand, qui a tout ce que Dieu peut donner à un peuple, ait une population totalement misérable ? Toutefois, ce n’est pas perdu mais il y a quelque chose à faire. La diplomatie peut jouer son rôle à condition de faire un choix.
On a déjà parlé ici de la Chine qui était marxiste-léniniste. Alors que le Zaïre de Mobutu était derrière les capitalistes. On était, peut-être, du côté de l’intelligence sinon de la rationalité économique. Mais la Chine a embrassé le capitalisme. Et aujourd’hui, elle est devenue le premier pays capitaliste du monde. Elle le sera encore, au cours de ce siècle, plus que les Etats-Unis et l’Europe. L’avenir du capitalisme dans le monde, c’est la Chine. Or le Congo, qui était déjà dans le camp capitaliste, peut faire un choix. Quel type de capitalisme faut-il au Congo pour être un pays émergent ?
Pendant la colonisation, nous avons vu les sociétés comme l’Union minière du Haut-Katanga, l’Office des transports congolais (Otraco), BCK construire des cités, écoles, dispensaires, bref, tous les biens publics que l’Etat devrait produire dans une sorte d’alliance entre le monde industriel et le gouvernement. Mais celui-ci n’avait pas de moyens parce que le Congo a été pratiquement la seule colonie où le colonisation n’a pas mis un sou. A partir de là, génie Léopold II et la colonie belge ont demandé aux entreprises privées de venirr au Congo pour y faire les affaires. C’est ainsi que des tâches que le gouvernement aurait dues remplir l’ont été par ces entreprises moyennant compensation en termes d’impôts, d’avantages divers.
Aujourd’hui, on demande aux entreprises qui viennent au Congo de créer des hôpitaux, des écoles sur le modèle ancien, le capitalisme léopoldien et colonial belge. Des sociétés à charte qui ont précédé les multinationales d’aujourd’hui. Le problème est que, si le Congo veut, demain, une diplomatie du développement, la question est savoir quelle est la nature du capitalisme que les Congolais voudraient avoir pour promouvoir cette approche avec l’idée que les Congolais, du moins les plus anciens, ayant vécu dans un pays ce qui est rare, c’est que ce qui a été fait ici n’a pas été connu ni dans la colonisation française ni dans la colonisation anglaise que des entreprises aient mené des actions de politique publique qui revenaient à l’Etat alors qu’elles étaient entreprises privées.
Aujourd’hui, avec la globalisation, le coût de production, notre pays peut-il, par une diplomatie innovante, attirer les entreprises étrangères, c’est-à-dire l’investissement étranger public ou privé et faire en sorte que ces entrepreneurs nouveaux non seulement participent aux secteurs qui sont liés à leurs activités mais aussi créent des biens publics au service ou avec la collaboration de l’Etat moyennant compensation, c’est-à-dire une fiscalité compétitive, etc. Donc, la balle est dans le camp non seulement des élites d’une manière générale, mais aussi des élites gouvernantes pour imaginer une diplomatie nouvelle. Rien n’est perdu. Tout est possible à condition de penser cette diplomatie de la puissance et voir quels moyens on met à la disposition du pays, de la société pour que, dans 10, 15 ou 20 ans, ce pays puisse réellement disposer d’une diplomatie de la puissance, c’est-à-dire une capacité dissuasive à la fois militaire parce qu’il n’y a rien qui se fait dans la charité. Le monde des Etats est celui des intérêts. Les Etats n’ayant pas d’amis mais des intérêts.
Alors, le jour où les gens diront non au Congo, qu’est-ce que celui-ci ferait ? Va-t-il se taire ou utiliser la force ?
C’est le cas avec notre pétrole qui exploité par l’Angola qui est plus fort que le Congo sur le plan militaire. On ne sait pas l’affronter…
Je suis d’accord avec vous sur l’idée qu’on peut même opter pour cette diplomatie de la puissance. Parce que notre pays a tellement de ressources, de richesses potentielles que la convoitise qui a permis de créer l’Etat indépendant du Congo est encore plus amplifiée aujourd’hui que ça ne l’était à l’époque de la conflictualité Est-Ouest.
©le potentiel 6.12.10