Grâce aux Editions Glopro Canada
Neuf écrivains du Kasaï publiés

La bibliographie de la République démocratique du Congo s’est enrichie en ce premier trimestre 2004 d’une longue liste de titres d’œuvres écrites en français et en ciluba.



Le dimanche 18 avril 2004

Les Editions Glopro Canada ont déjà un label de publication des œuvres des Africains et sur l’Afrique. Sa vitrine accorde aujourd’hui une place de choix aux écrivains kasaïens parmi lesquels des auteurs de grande notoriété internationale. Pour ce trimestre 2004, voici les titres et leurs auteurs :

1. José Kabal Bongho se signale pour la première fois avec « Kanyi Kanyawu », une plaquette de poésie écrite totalement en ciluba où l’auteur évoque l’espace d’un monde avec ses valeurs, ses inquiétudes et ses certitudes. Aussi le poète pousse un cri qui heurte les espoirs déçus face à un univers en sursis. C’est de cette aube en tristesse que l’auteur invite le lecteur à suivre le pas d’un message de paix, un langage de pardon. Cette poésie livrée au public lubaphone est une quête pour des lendemains d’espoir. Cette plaquette de 31 pages est l’œuvre d’un jeune chercheur sur la culture traditionnelle du Kasaï, Assistant à l’Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe à Kinshasa, l’auteur anime une autre recherche sur la culture des peuples du Kasaï.

2. De son coté, Me Léon Beya Kalamba Luse rassemble des chansons tirées de l’art traditionnel luba sous le titre « Misambu ya ku Kasaï ». Ces chansons tirées du riche patrimoine luba, se spécifient par le caractère et les circonstances de leur production, de leur perception sociale : cérémonies de naissance, chants de deuil, circonstances de vie ordinaire évoquent un personnage, abordant un thème. Il ne s’agit pas d’un simple travail de collecte et de transcription. L’auteur réécrit la parole primordiale du pays natal pour lever les multiples séquences de la vie sous les tropiques imbéciles, indociles. Ces chants traduisent les sentiments d’un peuple qu’on peut situer à certaines périodes de son histoire avec des événements vécus.

3. Déjà connu avec « Funérailles partagées » ( préface de Pius Ngandu Nkashama ), B. Beya Ngindu est un critique littéraire dont les colonnes des revues et journaux présentent régulièrement des articles sur la réception de la production littéraire en Rdc. Avec « Pitié pour mon peuple » (poèmes, 36 pages), le poète traduit les tristes réalités vécues par un peuple martyrisé par des « dinosaures ». Expression d’une angoisse, cette poésie se lance dans une action revendicative pour retrouver les droits dont le peuple est privé. Il y a dans la parole dite, une force qui tend à libérer un peuple de ses oppresseurs d’ici et d’ailleurs ; d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Le poète riposte avec toute la violence d’un style de révolte pour celui qui veut être ’’ la’’ voix des sans voix, « Pitié pour mon peuple » devient ainsi le véritable cri lancé pour que plus jamais les violences, les viols, les vols, les violations, etc. ne soient dans l’imaginaire des hommes et des femmes anémiés par les brisures sans nom, ce peuple en proie à la misère et à l’indifférence .

4. « Mes chants sublimes » ( ± 30 pages ) d’André Kazadi viennent dans un premier jet, dénoncer le mal-être dans un pays « inconnu » sous les tropiques où mugit une dictature féroce et barbare, œuvre de jeunesse, où l’on y note de cafard du temps dans un monde en décomposition, un univers de déchéance dans l’appel d’une vie heureuse.

5. « Dernières cantilènes » ( 46 poèmes ) est une plaquette signée José Tshisungu Wa Tshisungu, lui qui a déjà publié, une longue liste d’œuvres dans différents genres d’écriture en français et en ciluba. Dans cette nouvelle livraison, le poète se retrouve à travers le tableau d’un pays fantôme avec ses turpitudes, ses incohérences et ses multitudes. Dans cette œuvre, le poète découvre sa propre histoire à travers multiples errances, avec ses émois. La richesse du style s’allie ainsi à un appel d’autres espaces, d’autre rêves.

6. « Patrick et les Belges » est un roman qui explore la Belgique comme l’auteur José Tshisungu Wa Tshisungu avait déjà publié « La villa belge » (théâtre), « La Flamande de la gare du Nord » (roman), et dans une certaine mesure, « Chemin faisant » (poésie). C’est un fantasme qui se retrouve dans une histoire d’amour et mène de mœurs où un voyageur curieux se retrouve au cœur des ethnies belges. Le regard ainsi porté donne des coups de pinceau où le toile porte les stigmates du croisement d’un regard d’un message avec des interrogations diverses.

7. « Profils d’auteurs Congolais » (80 p) présentent 50 écrivains les plus représentatifs de la littérature moderne du Congo ex-Zaïre.

 Un choix d’auteurs réalisé par Alphonse Mbuyamba Kankolongo, professeur d’Université et critique littéraire. Il faudra rappeler que l’auteur de ces profils, a déjà publié : « Guide de littérature Zaïroise de langue française » ( 1974-1992 ) Kinshasa, éd. Universitaires africaines, 1993, 114 p.

8. Crispin Maalu Bungi : Mwakulu wa Ciluba, p. 42, constitue l’état passé et présent de la langue et de la littérature luba . Cet essai en ciluba a été écrit à l’occasion de l’attribution du Prix Tabalayi 2003 à l’auteur pour son poème : « Wanyi mulunda » , Sudbuy Canada , 2003, 30 p. Professeur d’Université, il a déjà publié :

- Les Comités populaires du Kasaï, Lubumbashi, éd Mont Noir, 1978

- Meen’ à Bukole, Lubumbashi, éd Buzat, 1982

- Poésie Orale Congolaise , Kinshasa, éd du CELTA, 2002

9. Pius Ngandu Nkashama : « Langues et culture de libération » 59 pages, est l’essai rédigé à l’occasion de l’attribution du Prix Tabalayi 2003 pour le roman : « Mulongeshi Wanyi » Paris, Giraf, 2003. Ce texte publié par Glopro Canada est une brillante explication sur l’émergence de la culture kasaïenne moderne et les défis à relever au cours de ce millénaire. Ecrivain fécond et prolixe, critique littéraire actuellement professeur à l’Université de Louisiane aux Usa, Pius Ngandu Nkashama est déjà un monument littéraire de l’Afrique francophone. A la suite de cette longue liste d’œuvres publiées, le lecteur s’interroge sur certaines constances.

 Beaucoup d’ouvrages des Congolais sont publiés en dehors du pays de manière que le lectorat congolais est informé sur les titres de parution, sans que les livres eux-mêmes soient disponibles dans les rayons des bibliothèques et librairies de la Rdc. En clair, à qui s’adressent-ils, les écrivains Congolais ?

 Les problèmes de production et réception des œuvres d’écrivains africains datent de la première génération d’Africains dont les œuvres ont été éditées en France, Usa, Angleterre, Belgique, etc. Au niveau local, l’industrie du livre en Afrique n’a pas de chance de porter des fruits malgré des expériences tentées ici et là.

 Il y a dans ce domaine un manque criant de définition de politique culturelle pour la promotion et la protection des œuvres des artistes et écrivains africains d’ici et d’ailleurs.

 Une autre question liée à la première, est celle de la promotion de l’écriture en langues africaines.

 L’initiative louable des écrivains lubaphones pousse à réfléchir pour montrer la richesse de la culture et de la langue de libération comme le dit si bien Pius Ngandu Nkashama. Sans tomber dans un folklore de fortune, les artistes (Tshiala Muana, Ngeleka, Bayuda…), les écrivains (Makolo Muswaswa, Nzuji Madiya, José Tshisungu wa Tshisungu, Kapena Lubila…) scandent des mots de la terre des ancêtres, ils battent le tam-tam du village pour éveiller la conscience d’une communauté de langue, communauté de culture, communauté pour le développement intégral.

 

Beya Ngindu Le Potentiel


 


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