
Qui est le nouveau gouverneur du Katanga ?
Né à Lubumbashi en date du 28 décembre 1964, Moïse Katumbi a terminé ses études primaires au Lycée Kiwele de Lubumbashi. Ensuite, il est allé poursuivre ses études pédagogiques à la Mission de Kapolowe où il est sorti diplômé. Juste après, il est entré dans la vie active pour devenir gérant dans les établissements Katebe Katoto. Il finira par créer sa propre entreprise pendant l’année 1987, entreprise appelée « Etablissement Katumbi » portant spécialement sur le secteur minier, agro-alimentaire ainsi que celui de transport.
Compte tenu de la situation qui prévalait à l’époque où le pays portait le nom de « Zaïre », Moïse a élargi ses activités en République- sœur de Zambie.
Profitant de son séjour en République zambienne, il s’est appliqué à l’apprentissage de l’anglais tout en suivant des séminaires de formation dans le domaine du management. Avec l’arrivée de Mzee Laurent Désiré Kabila, les œuvres de Moïse prendront une dimension purement sociale. C’est ainsi qu’on assistera à l’ouverture des cantines populaires dans les villes de Lubumbashi et Kinshasa. Grand sportif, le nouveau gouverneur du Katanga s’est également occupé de la gestion de l’équipe du Tout-Puissant Mazembe qu’il a dirigée de main de maître en la ramenant en compétition africaine après une vingtaine d’années d’absence.
Quelles sont ses perspectives d’avenir ?
Juste après son élection comme gouverneur, Moïse a fait une courte déclaration comme quoi il est gouverneur de tout le monde et de tous les Katangais.
Pour ce qui est du programme du nouveau locataire du gouvernorat katangais, ce dernier a été clair deux jours avant son élection lorsque l’occasion lui a été offerte de dire comment il entend diriger la province durant tout son mandat.
Dans son discours, le nouveau gouverneur a commencé par signaler qu’il est un homme d’actions et non de promesses. Selon lui, le peuple congolais a longtemps vécu des discours qui n’ont abouti qu’à la destruction du pays. Cet état des choses doit changer. Ce n’est pas tout ; Moïse est allé plus loin en disant qu’en sa qualité d’homme d’affaires, il connaît parfaitement tous les endroits où la corruption a élu domicile, que ce soit aux postes frontaliers ou bureaux de perception pour les taxes publiques. C’est ainsi qu’il dira être prêt à s’engager dans la lutte contre tous ces réseaux qui ne cessent de détruire l’Etat congolais.
A l’en croire, les corrupteurs et autres corrompus seront tout simplement punis. Aux criminels et autres « intouchables », il leur montre la voie de la prison. Il est même prêt à procéder à l’aménagement et à l’augmentation de la capacité d’accueil des centres de rééducation, en commençant par la prison centrale de Kassapa située dans la ville de Lubumbashi. Pour ce faire, il entend collaborer avec les autorités judiciaires installées en province. L’objectif étant, selon lui, de rétablir l’ordre, la justice ainsi que le travail. Faut-il signaler également que le programme proposé par la nouvelle autorité provinciale rejoint la priorité évoquée par le père de la nation congolaise Joseph Kabila. Il s’agit de cinq chantiers, à savoir : les routes, l’emploi, les logements, les écoles, les hôpitaux ainsi que l’eau et l’électricité. Abordant le premier point portant sur les infrastructures routières, l’autorité élue du Katanga a reconnu que les routes sont, pour la plupart, dans un mauvais état. Ce qui rend difficile la circulation des citoyens et des biens.
Comme solution à cet épineux problème, il a proposé le rétablissement du système de cantonnage dans les entités et le renforcement du service de la voirie, de l’Office des Routes et cela avant l’adoption d’un programme adéquat pour l’aménagement et la construction des routes en vue de relier les villes aux villages. Pour ce qui est de la politique de l’emploi, tout dépendra des efforts qui seront consentis pour le redémarrage économique de la province, a souligné l’autorité provinciale. En ce qui concerne le logement, il sera question d’aménager de nouveaux sites urbains. Tout le monde a droit à un logement décent.
Quant aux écoles et hôpitaux, il faudra songer à leurs infrastructures qui doivent être modernisées pour permettre aux enseignants et corps médical de travailler dans de bonnes conditions. Il en va de la dignité de la personne humaine.
L’orateur a fait encore allusion au secours qu’il a toujours accordé aux écoles en parlant des travaux de réfection des locaux, toilettes ainsi que de la réalisation des programmes pédagogiques. Les dernières écoles ayant bénéficié de son soutien sont les suivantes : Lycée Twendelee, Collège Imara et l’institut Mumbunda de la Gécamines Lubumbashi. Pour le nouveau gouverneur de la province cuprifère, l’être humain, c’est- à- dire l’homme, doit être au centre de toutes les préoccupations. Ce qui justifie tous les efforts qu’il déploie pour la réhabilitation et l’équipement des infrastructures hospitalières.
C’est ainsi que lors de la campagne pour les provinciales, il a dû octroyer, de concert avec l’un de ses partenaires, une somme de 500.000 dollars américains aux hôpitaux de la Gécamines dont 250.000 dollars américains destinés à l’hôpital de Lubumbashi et 250.000 dollars américains pour l’hôpital de Kipushi, à 30 kilomètres de Lubumbashi. C’est sans parler du don de 28 ambulances, 13 corbillards et 5 frigos mortuaires dont ont bénéficié les populations de la province du Katanga.
Le nouveau chef de l’exécutif provincial n’a pas manqué de parler de l’eau et de l’électricité. Sur ce point, l’autorité a dit que la grande partie de la population n’a pas d’accès à l’eau potable malgré le nombre élevé des rivières que possède la province. Parlant de l’énergie électrique, l’autorité a reconnu que celle-ci est en état de dégradation avancée. Il a proposé la réhabilitation des centrales électriques, des équipements de transport et la distribution de l’énergie électrique. C’est en rapport avec cela qu’il a accordé, lors de sa dernière campagne, un financement de 500.000 dollars américains à la Société nationale d’électricité (Snel) pour la commande des transformateurs, cela pour soutenir le programme d’électrification des entités. Cette somme était versée après des négociations avec la Snel. Les transformateurs sont, d’ores et déjà, à Lubumbashi.
En tant que sportif, le numéro un du Katanga a demandé aux sportifs de se tranquilliser tout en les rassurant que, par des mécanismes de concertation permanente, leurs problèmes trouveront des solutions.
Comme on peut le constater, ce programme constitue un défi qui n’est pas des moindres. Moïse lui-même l’a reconnu en disant ce qui suit : « Le défi est grand mais nous devons le relever ; cela implique comme préalable majeur le changement réel et profond des mentalités, la discipline dans le travail et la recherche de l’excellence. Il faut nous déterminer à travailler dans l’ordre et la transparence, sans complaisance aucune, avec comme mot d’ordre : la relance de tous les secteurs importants pouvant assurer le développement de notre province et l’épanouissement de tout notre peuple ».
Sur le plan économique, le souhait du nouveau gouverneur est de promouvoir l’éclosion d’autres secteurs capables de conduire la province à son développement ; cela pour éviter de lier la vie économique à la seule activité minière.
Un autre aspect sur lequel a porté le regard de l’autorité est celui de l’auto-suffisance alimentaire. Sur ce point précis, son intention est de procéder à la mise sur pied des structures d’encadrement des paysans pour arriver à une bonne production dans le domaine de l’agriculture.
A cela s’ajoutent d’autres secteurs tels que la pêche, l’environnement, le tourisme, la culture et les arts sur lesquels il faudra se pencher. Il importe d’encourager aussi l’industrialisation de la pêche dans les différents cours d’eaux poissonneux du Katanga. Faut-il également la réorganisation des services de la police de pêche dont le rôle est de surveiller tout en faisant respecter les normes qui sont fixées par la Loi en la matière.
Au sujet de l’environnement, des mesures doivent être prises pour son assainissement. C’est pour le bien- être de la population qu’il importe de réfléchir sur la problématique de la pollution atmosphérique, pollution due au pléthore des unités de production et de traitement de minerais installées sans tenir compte, pour la plupart, des normes appropriées.
Pour le tourisme, un programme de valorisation de ce secteur s’avère indispensable. C’est pourquoi il faut identifier toutes les réserves naturelles, y compris des sites touristiques du Katanga.
Dans le même ordre d’idées, il faudra aussi s’atteler à la valorisation constante de la culture et des arts.
Enfin, le cheval de bataille de l’autorité du Katanga sera la lutte contre les tracasseries policières pour permettre aux citoyens de vaquer normalement à leurs occupations.
Antoine Kapenda
Correspondant à Lubumbashi
© La République
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