Le répertoire qu’offrent les artistes musiciens, ces derniers temps, est truffé des insanités qui ne font qu’exacerber l’immoralité sur la place publique. Les derniers tubes largués sur le marché du disque se particularisent par une forte dose de vulgarité enveloppée par des thématiques osées sans prise sur les préoccupations des masses. « Aujourd’hui, nos artistes musiciens rivalisent d’ardeur sur le créneau de la bêtise en exploitant des thèmes en rapport avec le sexe sans mettre des gants », constate un chroniqueur. Cette obsession pour l’obscénité, l’indécence et l’impudicité a littéralement entamé la recherche artistique. La mélodie et l’orchestration, sacrifiées sur l’autel de la facilité, en subissent le contrecoup. Ce qui parait comme un effet de mode, n’a pas eu du mal à s’enraciner dans un environnement social déjà vicié et laminé par des antivaleurs.
Ferre Gola, l’un des derniers à avoir largué une nouveauté sur le marché, n’a pas mieux fait que ses prédécesseurs dont il a copié les tares en poussant l’audace jusqu’à des seuils insoupçonnés, font observer quelques mélomanes. D’après eux, l’artiste a usé d’une liberté de langage en évoquant certains aspects sensibles touchant à l’intimité entre l’homme et la femme. Les Koffi Olomide, Fally Ipupa, Werrason, JB Mpiana et autres n’échappent guère à la critique surtout des parents craignant pour l’éducation de leur progéniture. « Nous nous soumettons aux caprices des producteurs qui nous imposent ces genres des thèmes qui, généralement, font recette dans notre société », explique un artiste musicien interrogé sur le sujet.
Comment des grossièretés pareilles parviennent-elles à passer entre les mailles de filets de la commission nationale de censure ?, peut-on s’interroger lorsqu’on sait que cet organe de régularisation est censé protéger la morale publique. Le laxisme observé dans le chef de cette structure a, par ailleurs, donné des idées à certains compatriotes qui croient le moment venu de raviver le projet de création d’une instance nationale d’éthique et de la morale. C’est le cas de J-C Vuemba qui entend s’investir en 2010 dans la lutte contre les « Kuluna culturels » à travers des initiatives des lois censées les décourager dans leur entreprise.
Alain Diasso ©Les Dépêches de Brazzaville