L’agent du journal à mettre en vente qui est resté toute la nuit à l’imprimerie en train de suivre l’impression de son organe atterrit à la Place Victoire souvent vers 4 heures ou 5 heures du matin. Le temps de rassembler les cahiers, vers 6 heures, il est en mesure de mettre à la disposition de sa clientèle son produit fini. C’est alors que commence le plus difficile.
Les vendeurs, les revendeurs, les distributeurs, les journalistes, les lecteurs curieux communément appelés « parlementaires debout » inondent le terrain. C’est dans une parcelle sise à côté de l’agence de la Sonas, située sur l’avenue Victoire. Le milieu est très ambiant car tous les journaux qui paraissent dans la ville sont vendus, échangés et distribués là. Ceci avant d’atteindre les autres lecteurs ou abonnés éparpillés à travers la ville
Les modalités de vente sur La Victoire
Les petits vendeurs achètent les journaux à 500 FC voire 400 FC, l’exemplaire et les revendent à 1000 FC. Sur le lieu de vente des journaux, les lecteurs arrachent en premier les journaux qui portent des titres qui impressionnent. Beaucoup de titres sur Tshisekedi font vendre le journal.
Ainsi, les acheteurs ont catégorisé les différents journaux paraissant à Kinshasa. Les uns appartiennent au camp Rouge, ils appuient Tshisekedi et les autres se rangent parmi les neutres ou ceux qui soutiennent le pouvoir.
Les transactions terminées, les vendeurs se lancent sur le marché. Qui à Limete, qui à Lemba, sur les Boulevards Lumumba ou du 30 juin, Magasin Kintambo, UPN, Aéroport de N’djili, etc.
Nous n’allons pas passer sous silence un aspect important de ce travail de tous risque dans un pays où la démocratie n’est pas encore totalement effective.
Les agents de l’ordre, avec ou sans mandat descendent souvent sur le site de la vente pour rafler des journaux qui ont des titres qui ne répondent pas à leurs attentes ou aux attentes des commanditaires de l’opération. Plus d’une fois, les vendeurs ont déjà eu maille à partir avec ces éléments de la police. Ils arrêtent, interpellent, confisquent des numéros, s’ils ne passent pas à tabac les vendeurs, faute de voir les journalistes le matin.
23 mai 2012 © La Prospérite - Maricha Ohanga