C’est l’essentiel du rapport 2007 de la Banque mondiale intitulé « Le développement et la prochaine génération ». Une fois encore, la situation des jeunes congolais est un cas d’école d’un pays qui doit, au risque de sombrer dans le chaos, investir considérablement dans la jeunesse.
Les experts de la Banque mondiale sont formels : « avec 1,5 milliard de jeunes âgés de 12 à 24 ans dans le monde, la prochaine génération représente une opportunité considérable pour l’accélération de la croissance économique et la réduction de la pauvreté. » C’est à cette conclusion que sont parvenus les experts de la Banque mondiale dans le rapport 2007 sur le développement dans le monde intitulé « Le développement et la prochaine génération ». En effet, c’est pour la première fois que le rôle des jeunes dans la société et les économies est au centre du Rapport annuel de la Banque mondiale. Pour la Banque mondiale, cet intérêt témoigne de son dévouement à la résolution des problèmes mondiaux tels que l’éducation pour tous, les soins de santé, l’emploi et la réduction de la pauvreté.
La situation préoccupante en RDC
Ce rapport constate que les pays qui investissent dans l’avenir de leurs jeunes ont en général une meilleure croissance économique. tout autant, le rapport avertit également les pays qu’ils s’exposent à une hausse des coûts et à des troubles sociaux s’ils ignorent les besoins des jeunes en matière d’éducation, de soins de santé et d’emplois.
Il encourage également les gouvernements à créer des politiques « pour les jeunes » qui vont au-delà de l’approche traditionnelle des services. « Des programmes doivent être développés pour permettre aux jeunes d’investir dans leur futur, en leur fournissant par exemple, des informations et des sources de motivation qui les aident à prendre les bonnes décisions. Au Bangladesh, par exemple, des allocations mensuelles encouragent les filles à retarder leur mariage et à rester à l’école. La création de programmes de « deuxième chance » est également très importante pour les jeunes qui n’ont pas su faire les bons choix comme ceux ayant fait l’école buissonnière ou ayant été impliqués dans un conflit armé. Les gouvernements devraient investir dans ce type de programmes et proposer des formations, des aides psychologiques et d’autres types de soutien. »
Au regard de la situation de la République démocratique du Congo, un pays post conflit où la crise multiforme frappe la grande majorité des populations avec comme symptôme les milliers des enfants de la rue et le taux élevé d’analphabète, ce message de la Banque mondiale devrait avoir impérativement un échos dans les chefs des dirigeants du prochain gouvernement issu des élections. Les défis sont de taille.
« Le développement est un processus global qui est au coeur de toute démarche. Les jeunes devraient être en mesure de prendre des décisions pour le développement. L’éducation est la clé du succès, elle englobe toute initiative économique. C’est la base indispensable. » , peut-on lire dans ce rapport.
Des pistes
Le Rapport sur le développement dans le monde identifie cinq moments clés de passage de l’enfance à l’âge adulte, où les jeunes sont confrontés à la fois à des opportunités et à des risques. Le rapport affirme qu’investir dans le futur des jeunes pendant ces périodes est essentiel et que les décisions prises auront un impact certain sur le futur capital humain du pays. Ces transitions sont les suivantes : aller à l’école ( il est difficile pour de nombreux jeunes de s’instruire et de rester à l’école. Au Brésil, les jeunes qui quittent les études trop tôt entraînent une baisse du PIB de 1,8 milliard de dollars) ; rester en bonne santé (les jeunes représentent près de la moitié des victimes du VIH. Cette tranche d’âge est également exposée aux problèmes d’abus d’alcool ou de drogues ainsi qu’à la maternité prématurée) ; commencer à travailler (le taux de chômage des jeunes est 2 à 3 fois plus élevé que celui des adultes et ils constituent 47 % des chômeurs) ; fonder une famille (les mères ayant suivi des études secondaires ont moins d’enfants et sont plus éduquées. Leurs enfants ont alors tendance à être en meilleure santé et plus instruits.
À long terme, ces facteurs aident les familles à en finir avec la pauvreté) ; devenir de bons citoyens (de nombreux jeunes n’ont pas l’opportunité de s’engager pour le bien-être de leur pays.
Ils se sentent aliénés et exclus de leur société.
C’est souvent le besoin d’appartenir à un groupe qui pousse les garçons à intégrer des gangs. 500.000 personnes âgées de moins de 18 ans sont recrutées par les groupes militaires et paramilitaires dans le monde).
Amedée Mwarabu Kiboko © Le Potentiel 03.10.2006