Une nouvelle politique de lecture aura une incidence positive sur l’imprimé dans l’ensemble. L’arrivée de l’Internet apporte une nouvelle possibilité avec le livre virtuel. Mais il faudrait l’insérer dans un cursus qui puisse soutenir la formation avant tout comme outil pédagogique car en dépit de tout, un moyen de communication ne vient pas remplacer un autre mais plutôt le compléter. La mort annoncée de l’écrit avec l’invention de la radio et de la télé n’a jamais eu lieu. La situation de l’industrie du livre est plus que précaire. Soutenir le secteur du livre au Congo revient à prendre en compte toute la structure de la chaîne éditoriale.
Livre pour tous
En effet, plus d’une trentaine d’années, l’Unesco a proclamé l’année internationale du livre avec comme devise : « Livre pour tous ». La situation, depuis quelques années est pire. Le livre a déserté nos écoles. Diverses raisons, comme le souligne M. Abor Marc Ngwanza, expliquent cette réalité.
Les études de l’Unesco et de l’Institut national de Statistique (INS) pointent du doigt le néo-alphabétisme et la baisse sensible et constante du pouvoir d’achat qui minent le secteur du livre au Congo. Depuis l’école coloniale, des foyers de diffusion des livres ont émergé à travers le pays sous l’impulsion des missionnaires. La poussée démographique dans le secteur de l’enseignement offrait un circuit de circulation de l’imprimé car il reste avant tout lié à l’information. Mais rien de tel ne s’est produit. Que faire face à cette triste réalité, se demande Marc Ngwanza. Lire, note-t-il, nécessite en effet, d’avoir une capacité de déchiffrer des codes véhiculant des messages.
De ce fait, promouvoir le livre dans notre société, ne revient pas seulement, à un plan de sauvetage (équipement) des bibliothèques et d’autres structures de la chaîne éditoriale, mais faudrait donner au livre la place qui lui revient à l’école. En réhabilitant l’école, il serait facile de mettre en place des structures novatrices qui peuvent accompagner des campagnes de lecture qui ont jusqu’à ce jour presque échoué.
Livre : médium le plus répandu
Fenêtre sur la diversité des cultures et pont jeté entre les civilisations, vecteur de valeurs, de savoirs, du sens esthétique et de l’imaginaire, le livre est avant tout une œuvre de l’esprit, de la créativité et de la culture des hommes. Il enrichit, de ce fait, le patrimoine immatériel de l’humanité. Le livre constitue, d’autre part, dans les économies du savoir d’aujourd’hui, un instrument d’apprentissage, de partage et d’actualisation des connaissances essentielles à l’exercice de tous les métiers, qu’ils soient de nature intellectuelle ou technique. Dans ce sens, il joue un rôle central dans l’édification des sociétés de la naissance, souvent relayé par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Mais alors que celles-ci ne sont accessibles, surtout dans le Sud, qu’à un segment limité de la population, le livre a su pénétrer l’ensemble du tissu social et reste le médium le plus répandu pour la transmission du savoir entre les hommes. Le livre se situe de ce fait au cœur même de l’économie de chaque pays, de chaque communauté.
Par ailleurs, il est, en tant que produit culturel et bien d’échange, la raison d’être de tout un secteur économique spécifique, celui de l’édition. Par conséquent, le livre est au centre d’une vaste chaîne d’activités et de professions directement ou indirectement génératrices de revenus, constituant une composante industrielle importante qui doit pouvoir bénéficier au développement économique, social et culturel de l’ensemble des pays et de leurs populations.
De par sa nature plurielle, le livre occupe ainsi une place de plus en plus centrale dans la vie des personnes comme dans l’épanouissement de leurs sociétés. C’est pourquoi la sauvegarde et la promotion du livre constituent un enjeu unique pour le progrès de la démocratie.
DMM & RK © Le Potentiel 24.11.2006