Confronté à une forte demande depuis une décennie, l’Ifasic s’est résolu de gagner en hauteur pour offrir plus d’espace aux nombreux étudiants qui sollicitent leur inscription. Si, en 1990, l’unique salle de premier graduat pouvait à peine accueillir une centaine d’étudiants, vingt ans plus tard, la demande a décuplé sans que le local ne puisse subir la moindre modification.

- Jean-Lucien Kitima
- © JDC
Vu l’espace réduit, les autorités académiques d’antan avaient jugé mieux de scinder les classes populeuses en deux et d’organiser des cours en rotation, en fonction des jours pairs et impairs, pour permettre aux étudiants de suivre les cours dans des conditions plus ou moins acceptables. Malgré cela, les auditoires sont toujours bondés et les enseignants ont du mal à bien dispenser leurs cours.
Elargir l’auditoire de premier graduat
Après plusieurs concertations, les membres du comité de gestion de cet établissement ont jugé mieux d’élargir l’auditoire de premier graduat et d’amorcer la construction en hauteur, pour avoir plus de locaux au dessus de ce bâtiment. Les premiers travaux ont démarré début décembre 2009, financés sur fonds propres. Les étudiants de cette classe de recrutement ont été déplacés momentanément vers le bâtiment de la Poste, en attendant que leur salle soit élargie et rendue plus viable.
Une visite éclair permet de palper du doigt les réalités du chantier. La salle s’est muée en dépôts de matériels de construction où s’entassent sacs de ciment, planches, truelles, bêches, sceaux... Tous les bancs ont été arrachés. « Difficile d’identifier avec précision nos places d’antan où nous étions voisins », s’est exclamée Jeanine Vita Ndende, une ancienne de l’ex-ISTI, récemment en séjour à Kinshasa, en provenance des Etats-Unis.
Selon Norbert M., l’architecte qui a gagné le marché de construction de l’Ifasic, la salle sera totalement reconstruite. Agrandi, l’auditoire va passer, selon lui, de 5m a 8m de largeur et sa hauteur ira jusqu’a 3,50 m, au lieu de 2,80m. « Nous sommes en train d’implanter une fondation de 2 mètres de profondeur depuis le 5 décembre 2009 pour permettre de supporter deux à trois étages prévus », explique l’architecte.
50.000 dollars US pour finaliser les travaux du rez-de-chaussée
D’ici quatre mois, cet auditoire du rez-de-chaussée sera totalement retapé, a assuré le recteur de l’Ifasic, Jean-Lucien Kitima, qui estime les coûts de l’opération à 50.000 dollars US, montant que tâche de mobiliser son comité. « Les trois étages nécessiteront environ 25.000 dollars US par niveau, estime le recteur de l’Ifasic. Mais, les travaux ne pourront se poursuivre que si il ya une garantie de financement de la part des bienfaiteurs ».
Le bâtiment en étage pourra probablement abriter les locaux du Journal du citoyen, le Journal école, ainsi que le studio-école qui, pour le recteur de l’Ifasic, constituent des outils pédagogiques importants pour les étudiants en journalisme. L’école doctorale et une bibliothèque spacieuse sont aussi des priorités pour l’autorité académique.
Contribution des bénévoles
Outre le bâtiment en construction, d’autres travaux d’aménagement sont entrepris au fil de jours à l’Ifasic. Les portes de quelques locaux sont renouvelées, les murs de certains bureaux repeints, des toilettes pour étudiants et personnel académiques retapées, avec de nouvelles cuves ceinturées de carrelage… A la bibliothèque, des splits tout neufs sont désormais visibles et les bibliothécaires peuvent enfin travailler avec un ordinateur reçu des autorités, pour mieux gérer les centaines de livres, récemment fournies par la Banque mondiale et l’USAID.
Motivés par ces signes jugés positifs, des particuliers secouent de plus en plus leurs poches pour appuyer les travaux entrepris à l’Ifasic. Membres du Gouvernement, mandataires publics, diplomates, patrons de presse, anciens de l’institut… ont mobilisé près de 6.000 dollars US versés dans le compte bancaire de cet établissement pour soutenir ces travaux de construction qui n’ont, jusque-là, pas reçu un fonds de l’extérieur.
Rappel de tous les anciens de l’Ifasic
Le 18 décembre 2009, une réunion de mobilisation des anciens étudiants de l’Ifasic avait eu lieu à la paroisse Notre-Dame de Fatima. Au rendez-vous, une cinquantaine de diplômés de l’Ifasic avaient répondu à l’appel du comité de gestion, malgré la pluie diluvienne qui a précédé la rencontre. Parmi les figures remarquables, le ministre provincial des Transports, de la Culture et du Tourisme Mpika Massamba, la présidente de l’UNPC Chantal Kanyimbo, l’ADG de l’ACP Jean-Marie Longonya...
Chacun avait promis de contribuer à sa manière pour soutenir les travaux entrepris par les autorités de l’établissement. Les plus pragmatiques avaient même plongé la main à la poche et laisser des billets de banque a la direction de l’Ifasic. Le recteur Kitima lui-même avait annoncé sa contribution de 600 dollars US. Au nom du gender, Mmes Bayedila et Chantal Kanyimbo ont déposé aussi leur part à la caisse. Au delà des actions concrètes, la liste des promesses s’est allongée au cours de la soirée.
Pour éviter que les fonds mobilisés par les anciens de l’Ifasic et les gestionnaires en fonction ne soient dilapidés, un compte en banque a été ouvert pour que toute contribution y soit logée. De même, pour garantir la transparence, un comité de suivi, composé des anciens de l’Ifasic, œuvrant ou non dans cette institution, a été créé séance tenante.
Un comité de suivi pour le contrôle de la gestion de fonds
Présidée par Mme Espérance Bayedila, ancienne de l’Ifasic et membre du comité de gestion, cette structure est composée d’Alain Nkoy (Vice-président), l’éditeur d’Africa News, du chef de travaux Georges Wawa (Trésorier), de Jackie Kadiebwe et Omba (respectivement Commissaire aux comptes titulaire et adjoint), ainsi que d’Axel Gontcho et Diallo Mayindu, les deux conseillers.
Ledit comité a la mission de suivre au quotidien la gestion de fonds en étroite collaboration avec le comité de gestion de l’Ifasic, tout en prenant le soin de rendre compte auprès des contributeurs. Ils se rencontrent le plus régulièrement possible et tâchent, pour le moment, de mobiliser de fonds auprès de contributeurs de bonne volonté.
Yves Kalikat © Forum des As 15/01/2010