En effet, la production de l’électricité a connu une progression en terme de production. Selon un expert de la SNEL « la production de l’énergie électrique est passée de 5.778 GWH en 2001 à 7.662 GWH en 2010, soit un accroissement de 1.884 GWH représentant le taux de progression spectaculaire et historique de 32,61% contre celui de 10,10% enregistré pendant la période correspondante de 1990 à 2000 ». L’expert de la SNEL s’étonne que cette progression représente pourtant « 2,33 fois » l’ensemble de la consommation du Congo-Brazzaville évalué à « 808 GWH en 2006 avec un taux de progression de 2,71% l’an ».
Tous les experts en management des entreprises sont formelles : « Gérer une entreprise, c’est créer sans cesse des richesses nouvelles, c’est-à-dire des richesses additionnelles ou supplémentaires en termes des flux de trésorerie ». Ce n’est pas le cas pour l’opérateur public de l’électricité. Pour l’expert de la SNEL : « Si les 7.662 GWH produits par la SNEL en 2010 étaient vendus en Côte d’Ivoire, la compagnie aurait gagné 886 millions USD ». C’est clair que la SNEL n’est pas gérée du tout. Les gesticulations passées du comité Yengo-Tokuaulu avaient fait rêver, même si en. Un maquillage éhonté tant des chiffres que de réalité, il ne s’agissait que de la poudre aux yeux des consommateurs congolais. L’arrivée du comité Eric Mbala n’a rien changé, à part l’éradication du folklore. Sur le plan technique, il revient qu’une entreprise américaine se chargerait du dragage des conduites d’eau vers les centrales. Après autant de mois, le comité Eric Mbala ne s’est-il rendu compte de la situation que depuis quelques jours ?
Kinshasa dans le noir
Dans la commune des affaires à Gombe, l’électricité n’a pas été servie pendant deux jours. Mardi et mercredi, les opérateurs économiques ont été obligé de faire recours à d’autres sources d’énergie pour faire fonctionner leurs affaires. Pour ce désagrément, la SNEL ne présente ni excuse encore moins des dédommagements.
La gestion calamiteuse de la SNEL ne date pas d’aujourd’hui. Elle a même la peau dure d’autant plus que les politiques ont leur mainmise sur cette poule aux œufs d’or. Tant que le management ne changera pas dans sa philosophie, il n’y aurait aucune avancée. C’est avec raison que personne ne se bouscule pour prendre la gestion de cette société.
Le portillon est resté désespérément sans intérêt pour des opérateurs spécialisés dans la secteur à travers la planète. Le degré de déliquescence est tel que la SNEL ne suscite aucun intérêt. Faudrait-il baisser pour autant les bras ? Certainement pas. Il faut des hommes et des femmes capables d’oser, loin des pesanteurs politiciennes qui constituent des freins. Kinshasa est dans le noir, l’intérieur du pays connaîtrait-il un sort enviable ?
©Par BIENVENU MARIE BAKUMANYA lepotentiel 27.04.12