
- Matata Ponyo, nouveau Premier ministre
Le rapport de celui-ci, compte tenu de la probité morale et de l’honnêteté intellectuelle qu’on lui connait ne pouvait pas contenir d’écueil pour que Kinshasa, « ville-province » comme toutes les autres provinces à travers la République, ne puisse pas avoir ses représentants dans le gouvernement qui allait être formé.
Mais que s’est-il passé ? Qui saurait répondre à la question ? On se contenterait de croire que les élus de Kinshasa, toutes tendances confondues, ceux de la majorité comme de l’opposition ont trahit les Kinois, leurs électeurs.
Dans la répartition des postes-ministériels du gouvernement Matata Ponyo I, la province de Kinshasa a été superbement mis de coté. On a vite oublié la lutte inlassable menée à Kinshasa pour la réussite de ces élections dont certains se délectent d’avoir gagnées.
Les Kinois se sont toujours rangés du coté du pouvoir régnant. Pour preuve, à l’entrée de l’AFDL, et aussi lors de l’invasion des hordes de James Kabarebe dans le district de Tshangu, les Kinois se sont toujours mobilisés en suivant le mot d’ordre du pouvoir. Mais diantre ! Pourquoi doit-on toujours parler en mal pour Kinshasa ?
Kinshasa n’a ni minerais, ni bois à exploiter pour se faire aduler et se faire respecter. Elle n’a pas non plus un bulldozer à le pousser pour qu’il avance autrement ni un bouclier de protection. Car elle ploie sous les nombreuses institutions et autorités qui y habitent. Aussi, s’imagine-t-on aisément les difficultés auxquelles elle est confrontée. On ne peut rien entreprendre sans se heurter à quelque chose ou à quelqu’un. Et comme le clientélisme se porte bien ici, les recommandations non satisfaites et les mises en garde non observées sont fatales à la Ville.
On pourrait à la suite du Maréchal Mobutu dire : il n’est pas facile ni aisé d’être la Ville-province et capitale de la RDC. Bien que Kinshasa ne soit pas le Congo mais c’est tout de même ici où se trouve l’unité du pays. Toutes les mosaïques des langues, des cultures, des dialectes, des ethnies que compte le pays y sont réunies.
La majorité au parlement doit cesser d’être un lieu de copinage, au service de ses membres, destiné à défendre leurs bévues, incapacités et détournements de deniers public. Mais plutôt là où doit être dénoncé leurs faiblesses, le cas échéant les voir traduits en justice. Ainsi vous aurez fait œuvre utile, à l’instar de Gecoco qui tranche d’avec la complicité et l’indolence de ses pairs.
Mais seulement l’on se demande bien, pour qui roulerait ce député qui dénonce ce qu’il qualifie de méfaits, détournement de deniers publics, et d’enrichissement facile dans le chef d’un haut cadre de parti allié à la majorité présidentielle.
Chapeau, s’il ne le fait vraiment que pour l’amour du pays et qu’en sa qualité de député censé défendre le patrimoine en perdition. Malheureusement depuis le temps qu’il clame, on a bien peur qu’il ne crie pas assez fort pour être entendu. Un silence de plus en plus assourdissant fait écho à ses jérémiades.
Quand est-ce que les slogans « les portes de prisons seront grandement ouvertes » et autres « tolérance zéro » cesseront d’être de vains mots. On en abuse pour se donner bonne conscience d’une gestion, fissuré de toutes parts des scandales sans nombre qui crèvent les yeux mais restent impunis.
Pauvre République, les neiges comme les minerais ne te resteront pas toujours inépuisables. Tu as été doté de tout ce qu’il faut pour nourrir tous tes enfants qui ne devaient pas du tout aller se risquer la vie ailleurs. La cupidité, le népotisme, la concussion, la corruption, la haine et le mépris t’on fait perdre la clé de la réussite et du bonheur.
À quand le nettoyage des Écuries d’Augias, pour que la réalité de toutes les promesses et les attentes des années de lutte soit vécue concrètement ?
© La Conscience - Abdum Gamon Bama