
- Hôpital général Mama Yemo
L’extérieur est affreux et fait peur. La Société nationale d’assurance (Sonal) a érigé une jolie pancarte publicitaire à l’entrée de l’hôpital tandis qu’à l’intérieur même, il n’y a que la saleté et des odeurs méphitiques en dépit de réfection de certains pavillons, opérée par Vodacom et la Monuc.
Cet hôpital est en très mauvais état et ressemble à un « guilledou ». Les abords ne sont pas entretenus. Les espaces entre les pavillons sont pleins d’herbes et autres matériaux de construction abandonnés par les personnels de ces sociétés ci-haut citées.
On y trouve même à l’intérieur de l’hôpital, de petits bosquets où l’on peut faire la chasse aux souris, aux chats sauvages, aux chiens, aux moustiques, aux corbeaux, aux pique-bœufs et surtout aux grosses mouches qui ne quittent jamais un seul instant les malades, et toutes ces bestioles se régalent des placentas des femmes accouchées ou les ouates imbibées de sang des accouchées ou des blessés graves (accidents de circulation …)
Les lits de cet hôpital sont octogénaires. Chacun (lit) d’eux a déjà vu passer en moyenne 5.000 morts sur lui (lit). Et après chaque mort, les services de l’hôpital ne s’occupent même pas de la désinfection dudit lit. Médecins, ou infirmiers donnent l’ordre d’amener déposer un nouveau venu qui attendait dans le couloir de la mort sur le même lit, en voyant passer le corps inerte de son prédécesseur pour la morgue ; lui attendant son tour proche. C’est là le train-train quotidien de « l’hôpital mouroir » Mama Yemo.
Quel moral, quelle psychose pour ce futur candidat à la mort ? Nous saluons l’effort fait par ces sociétés pour avoir mis un coup de pinceau aux murs de cet « hôpital mouroir » mais qu’elles sachent que leur initiative n’est pas à la mesure du travail qu’elles ont fait. Nous leur demandons de s’occuper aussi de la propreté des abords et des espaces entre les pavillons.
Une chose aussi, pas des moindres, est la présence dans l’allée principale de l’hôpital, des médecins, infirmiers et autres personnels para-médicaux entrain de tailler bavette, groupe par groupe, tout au long de cette allée, empêchant même les visiteurs en avançant toujours le même argument : « ce n’est pas encore l’heure de visite ». Et si le visiteur tient à entrer quand même, devinez vous-même la suite pour que le portail s’ouvre !
7 juin 2012 © La Conscience - Onole Moke