Très actif à la veille et pendant la campagne électorale, le candidat n°11 à la présidentielle du novembre dernier s’est recroquevillé sur lui-même aux lendemains de la publication des résultats des urnes. Sa dernière intervention publique remonte à « sa prestation de serment à domicile » où il s’est autoproclamé « chef de l’Etat », alors que le président Joseph Kabila venait d’être investi solennellement à la magistrature suprême à la Cité de l’Union africaine.
Dès lors, le sphinx de Limete est resté terré à domicile. Plus de discours publics. Plus d’apparition spectaculaire dans les rues de la capitale. Plus même de visites d’officiels tant nationaux qu’internationaux dans son « bunker ». Même ses combattants et une partie de sa ceinture du parti ont du mal à lui rendre visite.
Quid de la résidence surveillée ?
« Le Lider maximo est en résidence surveillée », s’alarment aussitôt ses partisans, indignés par la présence des policiers autour de son domicile. Abordé par la radio onusienne, un haut responsable de la police nationale, Charles Bisengimana, soutient que les agents de l’ordre protègent le périmètre surtout après avoir harponné un homme armé infiltré dans les rangs des partisans de l’UDPS.
Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Et progressivement, la tension sociale, très vive aux lendemains de la publication des résultats de la présidentielle, a baissé d’un cran. Les actes de violence, décriés ci-et-là, notamment lors des marches de protestation se sont du coup estompés sur une grande partie du pays, bien que l’on continue de signaler quelques actes isolés dans certaines contrées.
Réactions en cascade
Pendant ce temps, des réactions des ecclésiastiques et ONG des droits de l’homme ont pris le devant de l’actualité. Les évêques catholiques, réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), ont décrié les irrégularités relevées lors des élections du 28 novembre 2011 et exigé le rétablissement de « la vérité des urnes ».
Pour leur part, les ténors de la Voix des sans voix (VSV) sont montés au créneau pour exiger à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le recomptage des voix pour le scrutin présidentiel.
Mettant un terme au long suspense, la Belgique a reconnu les résultats de la Cour suprême de justice et a publiquement félicité le président Joseph Kabila pour sa réélection à la magistrature suprême.
Sortir du mutisme
Saisissant la balle au bond, trois candidats malheureux à la présidentielle de 2011 ont ouvertement manifesté leur intention de voir la classe politique congolaise procéder à une table ronde. Léon Kengo wa Dondo, Antipas Mbusa Nyamwisi et Adam Bombole espèrent ainsi tracer une troisième voie qui donnera lieu à un gouvernement de transition pour mettre un terme à toute impasse. Une position intervenue aux lendemains de l’agression, en Europe, de Léon Kengo, de surcroît président du Sénat.
Face à toutes ces questions d’actualité, Etienne Tshisekedi est resté muet. Va-t-il déclencher de nouveau des actions de rue ou va-t-il s’inscrire dans l’optique du discours d’ouverture amorcée par Joseph Kabila ? La base du Sphinx de Limete a besoin d’être fixée pour savoir quelle attitude adoptée au cours de ce nouveau quinquennat.
20 janvier 2012 © Forum des As - FDA
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