Des mesures prises dans le bureau du vice-président de la République en charge de la Reconstruction et du Développement devant les caméras des chaînes de télévisions locales et suspendant tout le comité de gestion de l’Onatra en le remplaçant par un intérimaire où l’on retrouve des cadres de cette entreprise qui ne répondraient pas aux critères objectifs définis depuis une année par la tutelle administrative et financière qu’est le ministère du Portefeuille.
Lors d’une conférence de presse en son cabinet et entouré de Mme la Vice-ministre et du Comité directeur du Conseil supérieur du Portefeuille. Sans y aller par le dos de la cuillère, Célestin Vunabandi a carrément accusé son collègue des Transports et Communications d’avoir été vite en besogne. Il y a eu méprise et une erreur d’appréciation quant aux faits et à la procédure dans le chef de mon collègue, a déclaré le ministre du Portefeuille. Chaque fois que des signes de mauvaise gestion nous ont été signalés, les deux ministères de tutelle se concertent d’abord en vue de mettre sur pied une commission d’audit conjointe comprenant des experts du Conseil Supérieur du Portefeuille et ceux de deux ministères concernés. Ensuite, l’incriminé est suspendu de ses fonctions pour ne pas gêner le travail d’audit. Enfin, une fois le rapport est déposé et si aucun grief n’est retenu, l’incriminé reprend sa place dans le comité. Il en a été ainsi concernant l’administrateur général adjoint de l’Onatra qui a été blanchi non seulement par la commission d’audit conjointe mais aussi par les enquêtes du Parquet Général près la Cour d’Appel de la Gombe, a indiqué Célestin Vunabandi.
Pas de remise et reprise Ce qui est grave aujourd’hui, c’est que mon collègue s’est permis de suspendre tout le comité de gestion sur la base des éléments non fondés car la commission d’audit installée à cet effet venait de déposer son rapport qui n’a retenu aucun grief à charge des membres de ce comité présidé par M. Alexis Gisaro, s’est indigné le ministre du Portefeuille. Il n’est donc pas question que ce comité qui a été suspendu en violation des règles de procédure consacrées ne fasse la remise et reprise avec les gens que le ministre des Transports et Communications a nommés de façon cavalière. Célestin Vunabandi se dit très réconforté et à l’aise car pour suspendre tout un comité de gestion, la procédure est assez longue. En cas de faute lourde dans le chef d’un comité de gestion, il y a d’abord concertation entre les deux tutelles. Leur rapport est ensuite déposé pour examen dans leurs commissions gouvernementales respectives avant d’atterrir sur la table du conseil des ministres qui est l’instance consacrée pour rendre la décision finale, qui peut être soit une mesure conservatoire soit une mesure exécutoire, pouvant aboutir à la saisine des cours et tribunaux. Cela n’a pas été le cas en ce qui concerne le comité de gestion actuel de l’Onatra, a indiqué le ministre du Portefeuille.
De même, si les accusations portent sur le volet financier, c’est la tutelle administrative et financière qui est habilitée à examiner le dossier et proposer des sanctions mais de concert avec la tutelle technique. Or, M. Héva Mwakasa s’est empressé de sanctionner alors que le rapport d’audit conjoint venait de tomber en indiquant que les accusations ne sont pas fondées, bref le dossier est vide. C’est de l’arbitraire et nous sommes en présence d’une dérive grave qui peut constituer un précédent fâcheux de nature à mettre du feu sur la case du processus de la transition, a averti Célestin Vunabandi.
L’espace présidentiel saisi du dossier Dans certains milieux, on est convaincu que pour ce dossier de l’Onatra, l’intérêt de Célestin Vunabandi est fort évident car l’ADG appartient à la même famille politique que lui. Il n’ y a pas d’état d’âme ici, s’est empressé de dire le ministre du Portefeuille. Je viens de suspendre l’Adg de l’Okimo qui est du RCD comme moi-même, a-t-il repris en balayant l’assistance de son regard rigide. Et comme, la commission d’audit conjointe vient de déposer depuis le 25 mai dernier son rapport et face à cette dérive qui peut compromettre tout le processus, j’ai saisi tous les membres de l’espace présidentiel pour obtenir la convocation d’une réunion spéciale du gouvernement en vue de vider cette question. Il serait irresponsable de salir la réputation des gens dès lors que sur le plan du fond aucun grief n’est retenu à charge d’aucun membre de ce comité présidé par Alexis Gisaro.
Odeur des relents tribalo ethniques Et chose grave, les gens que Héva Mwakasa a installés ne répondent pas du tout aux critères objectifs définis par la tutelle administrative et financière depuis plus d’un an, l’un d’entre eux n’a comme profil que le fait d’être président d’un groupement tribalo ethnique auquel appartiennent le ministre et le vice-président de la République et dont les membres tiennent à ce que l’un des leurs soit porté à tout prix à la tête de l’Onatra considéré comme leur chasse gardée, s’est indigné Célestin Vunabandi.
Fidèle Musangu © Le Potentiel 05.06.2006