Tous les intervenants sont unanimes : ces 63.000 USD se retrouvent entre les mains de l’assistante en charge de l’administration et des finances au cabinet du ministre du Portefeuille. La nommée Teza disposerait donc de cet argent au grand étonnement des bénéficiaires.
La justice, qui s’est saisi de ce cas qui s’apparente à un détournement des fonds publics, semble être bloquée à travers des pressions insupportables des politiques. Une correspondance de la ministre Mabunda, sous-forme de mémorandum adressé au ministre de la Justice, nous parvenue, confirme ces pressions sur l’appareil judiciaire.
L’enquête initiée pour retrouver les 63.000 UDS ont donné lieu à des arrestations des cadres et agents impliqués dans la manipulation de ce dossier. L’instruction a conduit jusqu’à Mme Teza. Malheureusement, cette employée au cabinet de la ministre du Portefeuille ne répondrait jamais aux invitations de la justice. Belle manière de tourner en dérision l’opération « Tolérance zéro ».
S’il est avéré que la précitée aurait donné une autre destination à ces fonds, en matière de finances publiques, cela s’appelle détournement. Faudrait-il craindre de remonter aux donneurs d’ordre en tordant, en même temps l’évolution de l’instruction ? 63.000 USD ne représentent pas grand-chose, au regard des fonds colossaux brassés par des responsables politiques. Mais, cela ne devrait pas donner lieu à une entrave grave à l’administration de la justice et à la recherche de la vérité.
Impunité et trafic d’influence
« Le ministère du Portefeuille ne s’est pas plaint ni n’a été informé d’éventuels détournements qui seraient reprochés aux agents qui sont sous sa responsabilité. Le comportement du procureur général Maindombe du parquet général de Matete (…) gêne beaucoup un traitement rigoureux que l’on pourrait accorder à ce dossier ». Aussi curieux que cela puisse paraître, nulle part dans le mémorandum de la ministre Mabunda, il est fait mention des fonds rétrocédés au Portefeuille sur le désengagement de l’Etat de la firme CCT.
Cette omission trahit l’embarras d’une volonté manifeste d’empêcher la justice de faire éclater la vérité au risque de se faire éclabousser soi-même. Les questions de procédure mises en exergue n’efface pas cette vérité têtue : les primes des fonctionnaires n’ont jamais été versées à qui de droit. Plutôt que de garder par devers soi ces fonds, il serait juste et équitable de payer aux fonctionnaires la part qui leur est due dans la transaction de CCT.
Conclusion, « c’est pourquoi nous requérons votre appui pour que ces agents soient relaxés et donner ordre que toute intimidation des autres agents des services financiers par des mandats d’amener cessent par un ordre et écrit et express de votre Autorité ». L’inconvenante évocation du triste épisode de 315 magistrats révoqués et réhabilités par le chef de l’Etat, tout comme cet appel à un arrêt brusque de la recherche de la vérité par la justice consacrent l’impunité et le règne du trafic d’influence.
Il est temps que les traces de ces 63.000 USD soient retrouvés et que les fonctionnaires jouissent effectivement du droit leur reconnu par la loi. A la justice de ne point céder à ces pressions d’une autre époque.
26 Janvier 2012 © Le Potentiel - Bienvenu Marie Bakumanya