Cession Congo-Chine Télécom : la justice sur les traces de 63.000 USD rétrocédés au Portefeuille

L’Etat s’est désengagé de Congo-Chine Télécom (CCT). Du produit de la vente des parts de l’Etat, 63.000 USD reviennent au Portefeuille. Les traces se brouillent ! Les cadres et fonctionnaires du ministère du Portefeuille étaient montés au créneau pour réclamer la quote-part des dividendes versés à l’Etat et qui leur revient sous forme de prime. 63.000 USD étaient effectivement libérés. Malheureusement, cette cagnotte n’est jamais arrivée à destination, à en croire les bénéficiaires.



Le jeudi 26 janvier 2012

Tous les intervenants sont unanimes : ces 63.000 USD se retrouvent entre les mains de l’assistante en charge de l’administration et des finances au cabinet du ministre du Portefeuille. La nommée Teza disposerait donc de cet argent au grand étonnement des bénéficiaires.

La justice, qui s’est saisi de ce cas qui s’apparente à un détournement des fonds publics, semble être bloquée à travers des pressions insupportables des politiques. Une correspondance de la ministre Mabunda, sous-forme de mémorandum adressé au ministre de la Justice, nous parvenue, confirme ces pressions sur l’appareil judiciaire.

L’enquête initiée pour retrouver les 63.000 UDS ont donné lieu à des arrestations des cadres et agents impliqués dans la manipulation de ce dossier. L’instruction a conduit jusqu’à Mme Teza. Malheureusement, cette employée au cabinet de la ministre du Portefeuille ne répondrait jamais aux invitations de la justice. Belle manière de tourner en dérision l’opération « Tolérance zéro ».

S’il est avéré que la précitée aurait donné une autre destination à ces fonds, en matière de finances publiques, cela s’appelle détournement. Faudrait-il craindre de remonter aux donneurs d’ordre en tordant, en même temps l’évolution de l’instruction ? 63.000 USD ne représentent pas grand-chose, au regard des fonds colossaux brassés par des responsables politiques. Mais, cela ne devrait pas donner lieu à une entrave grave à l’administration de la justice et à la recherche de la vérité.

Impunité et trafic d’influence

« Le ministère du Portefeuille ne s’est pas plaint ni n’a été informé d’éventuels détournements qui seraient reprochés aux agents qui sont sous sa responsabilité. Le comportement du procureur général Maindombe du parquet général de Matete (…) gêne beaucoup un traitement rigoureux que l’on pourrait accorder à ce dossier ». Aussi curieux que cela puisse paraître, nulle part dans le mémorandum de la ministre Mabunda, il est fait mention des fonds rétrocédés au Portefeuille sur le désengagement de l’Etat de la firme CCT.

Cette omission trahit l’embarras d’une volonté manifeste d’empêcher la justice de faire éclater la vérité au risque de se faire éclabousser soi-même. Les questions de procédure mises en exergue n’efface pas cette vérité têtue : les primes des fonctionnaires n’ont jamais été versées à qui de droit. Plutôt que de garder par devers soi ces fonds, il serait juste et équitable de payer aux fonctionnaires la part qui leur est due dans la transaction de CCT.

Conclusion, « c’est pourquoi nous requérons votre appui pour que ces agents soient relaxés et donner ordre que toute intimidation des autres agents des services financiers par des mandats d’amener cessent par un ordre et écrit et express de votre Autorité ». L’inconvenante évocation du triste épisode de 315 magistrats révoqués et réhabilités par le chef de l’Etat, tout comme cet appel à un arrêt brusque de la recherche de la vérité par la justice consacrent l’impunité et le règne du trafic d’influence.

Il est temps que les traces de ces 63.000 USD soient retrouvés et que les fonctionnaires jouissent effectivement du droit leur reconnu par la loi. A la justice de ne point céder à ces pressions d’une autre époque.

26 Janvier 2012 © Le Potentiel - Bienvenu Marie Bakumanya


 


forums
RDC : Dix ans de croissance fallacieuse
13 mai 2012

Financement : « Bindo Promotion » refait surface à partir du Nord-Kivu
20 mars 2012

La RDC examine un nouveau système de traçabilité et de certification des minerais
24 février 2012

Avec 71 nouveaux OPJ, l’administration douanière renforce son dispositif de lutte contre la fraude
13 février 2012

Ruée vers le niobium : guerre par procuration entre Krall Metal Congo et Somikivu
9 février 2012

Eau et électricité : l’Etat appelé à payer ses créances auprès de la Regideso et la Snel
31 janvier 2012

TVA : la confusion totale
25 janvier 2012

L’application de la TVA préoccupe les missions diplomatiques à Kinshasa
25 janvier 2012

 
(Publicité)

 

 
 
 
 
 
 
 

© 2004 La Conscience

A/5, rue Bonga
Bloc Commercial St. Joseph
Kinshasa-Matonge Kalamu
République Démocratique du Congo