(Belga) Des représentants congolais et belges d’associations de défense des droits de l’Homme se sont dit mercredi interpellés par l’apathie affichée, selon eux, par les gouvernements belge et européens à l’heure du début du processus électoral en République démocratique du Congo (RDC) dans un contexte marqué, soulignent-ils, par l’absence de gouvernance et d’importantes violations des droits fondamentaux.
« Sur la question des droits humains aujourd’hui, la Belgique fait profil bas. Rares sont, à part dans les cas de violations flagrantes, les interpellations du gouvernement congolais par la Belgique », a fait observer Dismas Kitenge Senga, vice-président de la fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et président du Groupe Lotus, l’une des associations congolaises de défense des droits de l’Homme. Par ailleurs, la politique de « coopération (belge) commence à nous inquiéter, car si elle s’oriente vers les secteurs utiles au développement, ce qui est positif, il est moins question de gouvernance », s’est étonné M. Kisenge devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat. Or, « il n’est pas bon que l’argent soit jeté dans le fleuve », a-t-il précisé. Selon la société civile, il est plus que jamais nécessaire que la communauté internationale, et la Belgique en particulier, se positionne à l’égard des manquements en matière de droits de l’Homme et de gouvernance au Congo. « Il y a parfois des silences qui peuvent être complices », a asséné le président de la Ligue francophone belge des droits de l’Homme, Benoît Van der Meerschen, qui a participé à plusieurs missions de la FIDH en RDC. (MDP)
Source : Belga©