Tabu Ley Rochereau, poursuit sa rééducation en Europe. Ce monument de la musique congolaise, célèbrera dans quelques jours, ses cinquante ans de carrière. Un grand moment pour l’artiste et, une occasion de réunir sur une même scène, tous ceux encore en vie, qui l’ont accompagné tout au long de ces cinquante années de parcours musical.
A ce jour, Tabu Ley Rochereau que les mélomanes ont également surnommé le Seigneur Rochereau, à 70 ans, reste l’un des baobab de la musique africaine, encore en vie après des figures emblématiques telles Wendo Kolosoy, Franco, Pépé Kallé te bien d’autres partis trop tôt. Pascal Sinamoy Tabu de son vrai nom, voit le jour en 1940. En 1959, alors qu’il n’a que 19 ans, il entame une carrière musicale.
Secrétaire à l’Athénée Royale de Kalina, le chanteur qui plus tard se fera appeler le Maréchal Rochereau, compose ses musiques et écrit ses propres textes.
En 1959, il intègre le groupe African Jazz. Il joue désormais avec les plus grands de la scène congolaise. On retrouve dans la formation des pointures comme Kallé Jeef, Vicky Longomba, Roger Izeidi, Docteur Nico Kassanda, Déchaud Mwamba ou encore Petit Pierre. Après l’indépendance de son pays, Rochereau, rejoint l’orchestre Jazz Africain, créée par Lutula Edo Chary. Au bout de quelques années, il quitte le groupe Joseph Kabasete pour démarrer une nouvelle aventure ; celle du groupe African Fiesta en compagnie de Roger Izeidi, Nico Kassanda entre autres.
Devenu African Fiesta National, l’auteur, compositeur et interprète, prend les rennes du groupe qui au fil du temps, s’imposera sur les ondes, dans les lieux publics et populaires. C’est ainsi que le chanteur prend de l’assurance et lance les « Rocherettes ». Verront ensuite le jour des succès comme « Mokolo na kokufa », « Karibou ya Bintou », un titre en hommage à l’une de ses danseuses s’étant donnée la mort à la suite d’une déception amoureuse.
En Décembre 1970, l’artiste connaît ses premières heures de gloire en se ^roduisant en concert dans la mythique salle française de l’Olympia de Paris sous la direction de Bruno Coquatrix, ayant retrouvé quelques jours avant le chanteur congolais à Kinshasa afin de faire sa connaissance et de juger par lui-même si l’homme pouvait se permettre ce luxe de faire l’Olympia. Ce sera d’ailleurs, une grande première pour un artiste Noir Africain. Un mois d’affilée, Tabu Ley Rochereau inondera de sa voix puissante cette illustre salle de concert.
De retour au pays, l’African Fiesta National est rebaptisé Afrisa International. Sort de là « Laura », un autre succès à ajouter dans la liste précédente de ses réussites. Les années s’enchaîneront sans pourtant avoir d’emprise sur l’artiste. Dans les années 80, il met au devant de la scène celle qui deviendra sa protégée à la scène comme à la ville : Mbilia Bel, avec qui il fondera une famille. La jeune est plébiscitée et Rochereau reçoit les lauriers.
En 1987, le couple se sépare et Rochereau tente au mieux de cacher sa tristesse. Plus tard, il fera cet aveu qui lui vient du cœur. Il n’aura malgré cela pu reconquérir le cœur meurtri de la « Cléopâtre de la musique africaine ». Il fera d’autres trouvailles telles Faya Tess et Beyou ciel, mais sans autant de succès et de magie. C’est ainsi qu’il s’installe aux Etats- Unis d’Amérique pour une introspection et se lance dans la rédaction de deux livres. Après ce que l’on pourra qualifier d’exil, Tabu Ley s’engage en politique et devient vice-gouverneur de la ville de Kinshasa puis, ministre provincial de la Culture et des Arts, du Tourisme.
En 2008, de retour d’un voyage à Cuba où il est couronné musicien Africain du cinquantenaire, l’artiste est frappé d’une embolie cérébrale qui le conduit en Europe pour recevoir des soins d’urgence et pour suivre une réadaptation. Une carrière qui mérite d’être célébrée avec faste…
Source : Kale Ntondo/Visa ©Gaboneco.com